Stéphane Tissot fait partie de ces vignerons exigeants et authentiques qui pourraient s’approprier le mot Terroir sans réserve. Depuis qu’il a rejoint son père, André, en 1989, il ne cesse, depuis le fief familial de Montigny-les-Arsures, d’expérimenter, d’affiner, d’approfondir, pour comprendre et interpréter les mécanismes subtils de l’expression du terroir dans le vin. Aujourd’hui, l’ensemble des cuvées produites par Stéphane illustrent cette recherche avec brio et originalité et place notre vigneron au sommet de la viticulture française.
Le Domaine Tissot a été créé en 1962 et c’est en 1989 que Stéphane rentre dans le Jura (après une solide formation bourguignonne). Particulièrement inspiré par les vieilles vignes de chardonnay et la diversité géologique du vignoble jurassien, il se révèle rapidement un vinificateur hors-pair.
La passation se fait alors en douceur, Stéphane garde le nom de ses parents sur les étiquettes «classiques» du Domaine et progressivement ajoute le sien sur ses propres cuvées parcellaires, en particulier celles élaborées à partir de chardonnay.
Après une dizaine d’années Stéphane se rend compte qu’il n’ira pas plus loin s’il n’approfondit pas aussi sa recherche culturale. Il décide de transformer en profondeur le vignoble familial. Dès la fin des années 1990, il passe progressivement le vignoble en culture biologique puis en biodynamie, pour dit-il, « aider les vinifications car quand on veut travailler avec les lies, il faut des raisins propres et mûrs ». Avec ces lies saines, il joue de plus en plus avec la réduction, ce qui lui permet également de réduire les taux de soufre à la mise en bouteille, toujours à la recherche du vin pur, vrai et bon ! En véritable artisan de la vigne et du vin, Stéphane cherche avant tout à préserver et magnifier « ces identités, ces nuances et ces caractères qui font la magie d’une bouteille ». Et, bien sûr, la richesse incroyable du vignoble jurassien.
Cette rigueur culturale, qui lui permet de mettre en avant l’identité de chaque sol, de chaque terroir, va pousser Stéphane à aller plus loin dans ses vinifications parcellaires. Y compris pour ses vins jaunes : il sera ainsi le pionnier, voici déjà une vingtaine d’années, à développer une gamme de vins jaunes parcellaires, montrant avec brio l’influence des sols sur le style de chaque cuvée, au-delà de la spécificité des longs élevages sous voile.
Aujourd’hui, avec 50 hectares de vigne cultivés en biodynamie, le Domaine de Stéphane et Bénédicte Tissot s’est durablement installé au sommet de la hiérarchie viticole française. Stéphane, que le guide Bettane & Desseauve faisait récemment figurer, à juste titre, parmi les 10 vignerons de l’année, nous enchante et nous fait voyager bien au-delà des classiques jurassiens.
Chaque fois que l’on découvre l’incroyable collection de vins à déguster au domaine, on se demande comment Stéphane parvient à maintenir un niveau aussi élevé, une telle précision de définition de chaque vin, tout en créant sans cesse de nouvelles cuvées, de nouvelles approches de vinification, ouillée, sous voile, dévoilée, en amphore, en macération... Mais aussi en mettant en valeur des cépages oubliés, comme sur ce tout nouveau et incroyable « Vie en rose », qui assemble une myriade de variétés jurassiennes à la peau rose, savagnin, poulsard blanc ou rose, chardonnay rose ou béclan. Stéphane possède cette qualité rarissime d’être à la fois un vigneron d’instinct, un créateur à l’imagination débridée et une travailleur acharné, d’une rare exigence, attentif au moindre détail.
Nous vous proposons d’embarquer aujourd’hui pour un voyage fantastique, au fil des millésimes, qui vous conduira entre 2011 et 2024 ! Pour les vins ouillés, en chardonnay comme en savagnin, 2023 et 2024 sont à l’honneur. Deux années aux profils bien distincts, plutôt précoce et solaire pour 2023, qui a donné des blancs charmeurs et juteux, plus tardive et marquée par des rendements très faibles en 2024 (à cause du gel d’avril puis du mildiou), mais avec de superbes équilibres frais, concentrés et toniques.
Quant aux vins jaunes, ils font la part belle à un généreux millésime 2018, gourmand, rayonnant mais ne manquant jamais d’énergie. Une promesse de grand potentiel de garde, comme à l’accoutumée chez les Tissot. Nous avons encore le souvenir ému d’une dégustation d’un « Jaune » en octobre dernier en compagnie de 3 générations de Tissot, André, Stéphane et son fils Aymeric, un vin de 1982 d’une pureté d’expression et d’une énergie absolument intacte. L’occasion de découvrir un accord aussi imparable que surprenant : vin jaune et huîtres plates (un accord idéal avec les « jaunes » du terroir de la Vasée !
Enfin, comme à son habitude, Stéphane ponctue cette nouvelle allocation de quelques rares grands formats et de nouveaux joyaux dont il a le secret : cette année, il nous livre à nouveau quelques flacons de vins jaunes exceptionnels élevés sans ouillage, non pas 6, mais 12 ans ! Des vins « inoubliables » pour reprendre les mots de la Revue du Vin de France. Laissez-vous embarquer dans un rêve éveillé…
Voici maintenant, pour vous, le meilleur du Jura par un vigneron au sommet de son art… et à la créativité débridée.
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