« Un bon vin est un vin qui est bu » : Marie-Pierre et François Mikulski, eux-mêmes très « fines gueules », aiment souvent rappeler cet adage... Loin des modes et des mouvements spéculatifs autour des grands vins de la Côte de Beaune, les Mikulski continuent à tracer leur sillon à Meursault, guidés par une démarche centrée sur l’authenticité et la pureté des vins, qui doivent, pour eux, révéler avec élégance, tension et précision l’identité de chaque terroir.
Quel chemin parcouru depuis les années 1980, où François commence à apprendre vraiment la vigne et le vin auprès de son oncle, Pierre Boillot. Difficile de résumer ce parcours exceptionnel, mais ce que l’on peut dire, c’est qu’en 30 ans, ses Meursaults sont entrés dans le cercle fermé des plus grands bourgognes blancs, loués par la critique internationale, les meilleurs sommeliers et les amateurs les plus avertis. Exploitant aujourd’hui près de 10 hectares, principalement situés dans le finage de Meursault, François et Marie-Pierre sont toujours restés fidèles à quelques principes à la fois simples et pourtant essentiels.
D’abord la conviction que le vin se fait à la vigne, que c’est en vivant au cœur de ses parcelles que l’on capte l’expression juste des terroirs. Tout au long du cycle végétatif, François ne cesse d’observer, de réfléchir, de déduire et d’agir en conséquence, sans rien s’interdire « par principe ». Il suffit de constater la vitalité de sa fameuse parcelle de Meursault-Charmes plantée en 1913, où les vignes d’un âge canonique continuent à produire de superbes raisins avec une régularité presque métronomique, pour comprendre que le soin pratiqué à la vigne est ici le bon!
Ensuite, en dépit de débats parfois stériles qui agitent la Côte de Beaune, ce qui compte pour François, c’est la juste maturité des raisins, celle qui ne ment pas sur le millésime et en porte les messages. Ni sous-maturité, en vogue chez certains, ni sur-maturité revendiquée par d’autres, François ne s’est jamais trouvé le premier à vendanger, ni le dernier, se laissant guider avant tout par le goût et les sensations que lui procurent les raisins avant d’être cueillis, à la vue, au toucher et en bouche.
Enfin, malgré l’engouement quasi-général pour les élevages très boisés au milieu des années 1990, François est resté fidèle à son approche très économe en bois neuf : jamais plus de 25% et même 20% le plus souvent…
Tout ceci ne peut évidemment résumer ce qui fait le style Mikulski, mais chaque chose y contribue certainement un peu. Au final, le résultat est grand, très grand même : des vins droits et purs, charmeurs, ciselés et élégants, jamais démonstratifs mais toujours taillés pour une belle garde et une gastronomie raffinée. Ici, il n’y a pas de « petit » vin, il y a des vins justes : chacun porte en lui avec précision et sincérité l'empreinte du sol, l’exposition et l’âge des vignes ou la météo de l’année. Chaque cuvée a une âme et cette âme nous transporte.
François, solidement épaulé depuis 2015, à la vigne et à la cave, par son gendre, Thomas Boccon, signe une série de millésimes impressionnants de régularité et d’envergure, toujours marqués du sceau de la finesse, de l’énergie et de l’empreinte de chaque terroir. 2024 ne fait pas exception : un millésime aux équilibres frais, d’une grande subtilité, parfaitement équilibré entre gourmandise fruitée et tension. Seule ombre au tableau : des rendements très réduits qui en font un joyau rare. D’autant que François et Thomas ont décidé de laisser s’affiner une année de plus en cave les premiers crus, pour qu’ils gagnent encore en profondeur. Heureusement pour les nombreux amateurs des vins du Domaine, ils nous ont offert une belle compensation : une série exceptionnelle de crus issus des rayonnants et généreux millésimes 2022 et 2023 aux profils charnus hédonistes.
Revenons-en à cette année 2024 qui ne fut vraiment pas de tout repos à la vigne. Après plusieurs années très sèches, et souvent très chaudes, le profil de la saison 2024, plus frais et surtout bien plus arrosé, s’annonçait bien différent. Malgré tous les efforts déployés à la vigne, la pluie du printemps et d’une bonne partie de l’été a perturbé la floraison, induisant des phénomènes de coulure et de filage qui compromettaient sensiblement la récolte future. A cela s’est ajouté, par la suite, une pression importante des maladies cryptogamiques. Fort heureusement, au prix d’efforts de tous les instants à la vigne, François, Thomas et leurs équipes ont réussi à préserver le feuillage en bon état pour l’aboutissement de la maturité.
Au moment des vendanges, principalement concentrées entre le 12 et le 15 septembre, les rendements des chardonnays atteignaient à peine 30 hectolitres par hectares sur les terroirs de bas de coteau (contre plus de 50 l’année précédente), et juste un peu plus sur les premiers crus de plein coteau, aux sols plus drainants. Globalement, la récolte affichait une baisse de plus de 40% par rapport à la moyenne des dernières années. Une bonne nouvelle cependant : le soleil revenu à partir de mi-août associé à des nuits relativement fraîches favorisaient une maturation lente, avec de très beaux équilibres entre sucres et acidités. En outre, les faibles rendements tout comme l’âge des vignes souvent assez avancé chez les Mikulski ont permis d’atteindre de belles concentrations, tout en préservant cette finesse aromatique, cette fraîcheur typiques du millésime.
Il ne restait plus qu’à faire « grandir » cette magnifique matière première, à travers des élevages au cordeau, privilégiant les grandes barriques (demi-muids). A noter que François a fait le choix en 2024 d’éviter tout bois neuf, pour préserver toute la pureté éclatante des jus. Comme nous vous l’indiquions plus haut, nous vous proposons de découvrir aujourd’hui ces rares cuvées régionales et ses meursaults parcellaires, en attendant les premiers crus qui ne seront commercialisés qu’après une année supplémentaire en cave. Pour cette Vente Exceptionnelle, et pour éviter que vous ne restiez sur la frustration de ne pas pouvoir acquérir quelques crus, François nous a concocté une sélection « aux petits oignons » de ces meilleurs crus issus des resplendissants et généreux millésimes 2022 et 2023. Des joyaux désormais introuvables, tout droit venus de l’œnothèque du Domaine… Ne tardez pas.
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