Voici une autre perle rare du Domaine, que les inconditionnels des vins de François (ils sont toujours plus nombreux !) cherchent souvent… mais ne trouvent que très rarement. Sur le superbe millésime 2023, ce Limozin assume fièrement sa parenté avec son plus proche voisin, le célèbre premier cru des Charmes. Tout en caresse sensuelle et en profondeur de bouche, parcouru d’une puissante expression épicée et d’un fruit ample, expressif et crémeux, il nous plonge dans un océan de volupté.
Le climat du Limozin, situé au Sud du finage, en direction de Puligny, occupe une position tout à fait remarquable, presque enserré par les Charmes-Dessous, au Sud, et les Genevrières à l’Ouest… excusez du peu ! Encore une fois cette année, ce qui frappe le plus, c’est bien la sensation d’équilibre serein que dégage le vin, synthèse parfaite des attributs du terroir.
Le nez s’ouvre dans un esprit résolument murisaltien, déployant des notes tendres et gourmandes de coulis de poire, d’huile d’amande douce, de coulis de pêche jaune ou d’abricot, de pâte de fruit à l’orange et de mangue rôtie au miel. On pense aussi à de succulentes pâtisseries, autour d’un paris-Brest, d’une amandine aux poires, d’une tarte fine aux pommes, d’une frangipane à la pistache : on en mangerait ! Même les herbes fines, cerfeuil ou livèche, s’accompagnent ici d’une dimension crémeuse, beurrée. Comment résister…
La parenté avec les Charmes est tout aussi évidente en bouche. On se délecte d’un fruit parfaitement mûr, à la chair ample, gourmande et lascive, évoquant la poire, la mangue et la pêche jaune pochées dans un sirop d’épices, mais aussi la confiture de mirabelles. Plus on avance, plus le vin se pare d’une stimulante dimension poivrée et d’une note mentholée rafraîchissante. On reconnaît aussi la réglisse, le poivre vert et la baie de genièvre. Autant d’éléments qui annoncent une finale puissamment imprégnée par le sol, une finale ardente et empyreumatique, vibratoire et pleine de vie.
Nul doute que ce voluptueux et intense Limozin soit promis à un très grand avenir : il brillera après 4 ou 5 ans de cave sur un quasi de veau aux champignons sauvages, un chapon rôti servi avec un gratin Dauphinois, une volaille de Bresse accompagnée d’une sauce « poulette » ou un tronçon de turbot rôti et sa sauce hollandaise.
Gourmand, vous avez dit gourmand ? Non, j’ai dit Meursault !
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