Les Charmes forment certainement le climat le plus reconnaissable et identitaire de Meursault, tant le côté glycériné, voire opulent caractérise ces vins. Ce célèbre terroir compte environ 30 hectares, où le sol limoneux, reposant sur de nombreuses plaquettes de roches calcaires, donne de grands vins séveux, au nez de beurre, de fruits secs et de fruits blancs caramélisés, tellement irrésistible.
Chez François Mikulski, la profondeur que confère le terroir s’accompagne d’une vraie distinction. Le vigneron assemble dans cette cuvée des raisins issus de très vieilles vignes (plantées dans les années 1930 sur les Charmes-Dessous) : elles apportent concentration et tension minérale. D’autres, issus de vignes plus jeunes (une vingtaine d’années tout de même), font la part belle à l’éclat du fruit. Comme toujours, François, soucieux de préserver au maximum l’expression identitaire du terroir, fait le choix d’utiliser peu de bois neuf pour son élevage : à peine 20% pour ce Charmes.
Traditionnellement goûté juste après le Premier Cru Poruzots, lors de notre découverte du millésime 2019 chez François, ce Charmes nous a semblé fonctionner un peu à rebours du précédent. On démarre en effet sur cette dimension éminemment sensuelle typique des Charmes : on perçoit au premier nez de gourmandes notes d’amande, de pignon de pin, de praliné, de pâte à chou, de millefeuille ou de crème Anglaise délicatement vanillée.
Puis, plus le vin s’aère, plus il se rafraîchit et s’étire : les pâtisseries fines laissent peu à peu la place à des boutons de fleurs blanches, au tilleul, à la menthe sauvage, à l’eucalyptus et à des touches épicées toutes aussi toniques, comme le gingembre, le poivre blanc ou la cardamome, autant de notes que l’on attendrait presque davantage sur un Perrières que sur un Charmes. Comme si cela ne suffisait pas, le bouquet nous envoie maintenant des notes de yogourt bien frais, de lassi au fruits blancs, presque glacé, de citron vert et de fleur d’oranger. Fraîcheur et raffinement sont décidément au rendez-vous... pour notre plus grand plaisir !
En bouche, la sensualité texturée des Charmes revient au premier plan, avec ses saveurs de fruits blancs pochés, poire et pêche en tête. La pâte de coing n’est pas loin, les agrumes confits non plus, et toujours ces épices, décidément omniprésentes, entre bergamote, noix de muscade et quatre-épices : elles nous mettent franchement en appétit. Bien sûr, un séjour d’au moins 5 années en cave s’impose. On envisagera alors un beau turbot avec sa sauce béarnaise ou encore une lotte ou des gambas en curry doux.
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