Les Charmes forment certainement le climat le plus caractéristique de Meursault, tant le côté glycériné, voire opulent caractérise ces vins. Ce célèbre terroir compte environ 30 hectares, où le sol limoneux, reposant sur de nombreuses plaquettes de roches calcaires, donne de grands vins séveux, au nez de beurre, de fruits secs et de poire caramélisée si caractéristiques.
Chez François Mikulski, la profondeur que confère le terroir s’accompagne d’une vraie distinction. Le vigneron assemble dans cette cuvée des raisins issus de très vieilles vignes (plantées dans les années 1930 sur les Charmes-Dessous), apportant concentration et tension minérale, et d’autres, issus de vignes plus jeunes (une vingtaine d’années tout de même), qui font la part belle à l’éclat du fruit. Comme toujours, François, soucieux de préserver au maximum l’expression identitaire du terroir, fait le choix d’utiliser peu de bois neuf pour son élevage : à peine 20% pour ce Charmes.
Au premier nez aujourd’hui, c’est bien le sentiment de puissance et de densité qui domine : on pressent à travers une concentration hors-norme, puisée dans la roche, un très grand Charmes, qui aura besoin de patienter quelques années en cave pour se livrer dans toute sa plénitude et sa fascinante complexité.
Aujourd’hui, c’est en le carafant, puis en le laissant s’aérer un moment dans le verre, qu’il déploie peu à peu ses ailes. D’abord sur les fruits secs, entre noix de cajou, noisette et pignon, puis sur le nougat et le miel d’acacia. Viennent ensuite des évocations d’agrumes confits : on pense aux orangettes et au kumquat. Le fruit est bien mûr, gorgé de jus et de soleil, sur la pêche blanche et la prune jaune. Fleurs blanches, épices douces, entre vanille et noix de muscade, et une note de levain complètent un bouquet particulièrement sensuel et gourmand.
La bouche se révèle très juteuse, dynamique, tout en restant formidablement concentrée. Les saveurs de prune s’accompagnent d’une dimension plus acidulée évoquant la marmelade, le zeste de mandarine et le kumquat. Là encore, le vin procure la sensation d’un univers en expansion : il ne cesse de se déployer, révélant toujours plus de fruits, toujours plus d’épices (on pense au pain d’épices en particulier), toujours plus de matière, toujours plus d’énergie. L’intensité et la longueur époustouflantes de la finale finissent de nous convaincre de l’extraordinaire potentiel de ce Meursault-Charmes.
Mais nous sommes tout autant convaincus qu’il serait sacrilège de le déguster avant 5 voire 7 ans… Vous vous délecterez alors de son charme irrésistible, en le dégustant, par exemple, avec des ravioles de homard aux morilles ou une volaille de Bresse pochée, en demi-deuil. On salive d'avance...
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