Quand on pense que le jeune Pierre-Jean Villa a songé, un temps, embrasser une carrière de footballeur ou de banquier, on se dit que, sur la planète vin, le destin fait bien les choses ! Car depuis qu’il s’est installé sur les collines de Chavanay, Pierre-Jean Villa porte très haut les couleurs du Rhône Nord, et de ses appellations phares Saint-Joseph et Condrieu (sans oublier Côte-Rôtie bien sûr, pour les rouges).
Après avoir parcouru quelques centaines de milliers de kilomètres pour diffuser sur toute la planète les vins de la famille bourguignonne Mommessin et son célèbre Clos de Tart, Pierre-Jean Villa a décidé de se lancer pleinement dans la grande aventure de la vigne et du vin. Epaulé par ses amis (et initiateurs de cet ambitieux projet) Yves Cuilleron, Pierre Gaillard et François Villard, il s’est d’abord occupé de faire prospérer les Vins de Vienne, et ainsi concrétiser la renaissance de l’antique vignoble de Seyssuel. Avant de se lancer sous son propre nom, en se portant acquéreur en 2009 de quelques parcelles de Saint-Joseph et Condrieu, du côté de Chavanay, sur les conseils précieux de Georges et Christine Vernay, excusez du peu !
S’en est suivi une ascension fulgurante pour ce vigneron plein d’énergie, de générosité et doté d’une capacité de travail hors-norme. Sur les pentes abruptes de Chavanay, aucun engin ni aucun intrant chimique ne vient perturber le lien privilégié que Pierre-Jean Villa a tissé avec ses vignes. Roussanne et viognier se partagent l’essentiel des 3.5 hectares plantés en blanc. Pierre-Jean a fait progressivement évoluer les pratiques à la vigne, en particulier pour la taille : en adoptant, pour certaines parcelles (à Seyssuel en particulier), la méthode Guyot-Poussard, il choisit une taille plus « douce », qui minimise les plaies et, surtout, préserve les flux de sève. Très naturellement, Pierre-Jean s’est orienté dès 2011 vers des pratiques culturales biologiques, qui ont abouti, en 2021, à la certification de la totalité du Domaine. Une pratique qui s’enrichit, ces dernières années, de principes biodynamiques qui permettent d’envisager de façon encore plus globale, holistique, les interactions entre la vigne et son environnement, entre le vivant et le minéral.
Dans les deux couleurs, les cuvées signées Villa figurent aujourd’hui parmi l’élite des meilleurs vins rhodaniens, toujours marquées par une qualité de fruit irréprochable, des jus savoureux et un élevage parfaitement maîtrisé au service d’une expression harmonieuse de ces terroirs granitiques, à la déclivité impressionnante. Ici, l’avenir s’annonce radieux : les enfants de Pierre-Jean, Hugo et Pauline, l’ont rejoint tous les deux, lui davantage aux vinifications, elle au commerce mais aussi à la vigne.
L’année 2022 a également marqué une nouvelle étape dans la vie du Domaine, avec le déménagement dans de toutes nouvelles installations, toujours à Chavanay, plus grandes, modernes et fonctionnelles. Elles permettront aux Villa d’aller encore plus loin dans les vinifications parcellaires et dans la conduite des élevages (durée, choix des contenants, mêlant foudres, fûts ou encore jarres en grès…). D’autant qu’Hugo et Pauline ont commencé à vinifier quelques cuvées sous leur propre nom, en complément des vins du Domaine.
Venons-en à ce rare et exigeant millésime 2024, un modèle d’équilibre entre jaillissement aromatique, gourmandise et fraîcheur : il ne fut clairement pas de tout repos à la vigne, avec une météo capricieuse, pratiquement jusqu’en juillet, et un surcroît considérable de travail à la vigne, sur ces vertigineux coteaux, aménagés en étroites terrasses, où tout doit se faire manuellement, même les traitements, à dos d’homme. Un millésime qui a aussi, encore une fois, montré la résilience de la vigne qui « a su puiser dans ses ressources pour donner des raisins d’une grande concentration », pour reprendre les mots de Pierre-Jean.
Les abondantes pluies printanières, parfois accompagnées d’épisodes de grêle, n’ont pas rendu les choses faciles sur les vertigineux coteaux de Condrieu et Saint-Joseph. Pratiquement jusqu’à mi-juillet, les foyers de mildiou menaçaient de s’installer et de s’étendre. Toutes les équipes étaient sur le pont pour mener un travail minutieux alternant traitements préventifs, bio évidemment, et une gestion ajustée, pied par pied, du développement foliaire. Heureusement, le mistral, omniprésent cette année, a aussi permis d’assécher et d’assainir l’atmosphère, et de limiter les dégâts.
Au cœur de l’été, l’atmosphère s’est nettement réchauffée : le mois d’août a vu le retour d’un soleil rayonnant, qui a redonné le sourire aux équipes. D’autant que les températures bien qu’élevées, restaient raisonnables pour la région, ne menaçant pas la progression des maturités. Fin août et début septembre, le vent du Nord a en outre permis d’avoir de belles amplitudes thermiques entre le jour et la nuit : des conditions idéales pour permettre au viognier, mais aussi à la marsanne et la roussanne, de parfaire leurs maturités phénoliques, leurs qualités aromatiques, tout en préservant de belles acidités et ne pas tomber dans une concentration exubérante. Les vendanges ont finalement démarré le 15 septembre, sous des conditions idéales : malgré des rendements faibles, Pierre-Jean, Pauline et Hugo ont vite compris au moment des premiers coups de sécateurs qu’ils tenaient là une promesse de beau millésime de blanc, tout en fraîcheur, en équilibre et en raffinement aromatique, rappelant quelques grandes années de la décennie 2000 en particulier.
Du croquant et séduisant Primavera, tout en fraîcheur, à l’intense et généreux Condrieu Jardin Suspendu en passant par un jaillissant et sensuel Saint-Joseph Saut de l’Ange, les blancs rayonnent et sauront conquérir vos palais. Vous retrouverez également le délicieux Esprit d’antan : un superbe viognier issu de l’antique vignoble de Seyssuel et de ces coteaux de schistes et de quartz. La finesse aromatique, aux accents floraux, l’éclat franc du fruit, la sensualité des touchers de bouche mais aussi leur énergie, leur élan, l’empreinte des sols granitiques qui apporte du relief épicé, de la sapidité, le souffle et l’imprégnation minérale qui se dégagent des finales : tout s’articule avec naturel. Ce millésime 2024 est un modèle d’élégance et d’équilibre frais et gourmand.
Il confirme la place des Villa parmi les tout meilleurs vignerons du Rhône.
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