Que de chemin parcouru depuis 2001, année où la jeune Marjorie Gallet décide avec une audace incroyable de poser ses valises au cœur des coteaux sauvages du Roussillon et de devenir…vigneronne ! Bien que n’étant pas issue « du sérail », Marjorie, originaire des coteaux escarpés de la Côte-Rôtie, se passionne très tôt pour la vigne et le vin. Après avoir goûté au travail viticole chez Cuilleron et Gaillard, elle décide d’entamer des études d’agronomie et d’œnologie à Montpellier. L’année passée chez Gérard Gauby, le pape des vins du Roussillon, finit de la décider à se fixer définitivement dans ce petit coin de pays catalan, du côté de Montner. Comme elle le dit, chez lui, elle a acquis « non pas une technique, mais une manière de penser le vin ».
Avec l’aide de quelques amis qui croient en elle, elle se fixe donc du côté du Roc Blanc, qui tire son nom des sols blancs issus d’une veine de quartz qui traverse ce pays de schistes noirs. C’est ici, sur le versant Nord – et un peu plus frais - de la montagne de Força Real, que Marjorie démarre avec 5 hectares de vieilles vignes de carignan. Rapidement, elle n’aura de cesse de trouver d’autres parcelles et de replanter certains terrains en friches, pour finalement exploiter aujourd’hui près de 25 hectares de vignes.
Rejointe par son mari, Stéphane, en 2008 – après avoir lui-même passé plusieurs années comme régisseur du célèbre Mas Amiel -, Marjorie va rapidement s’imposer comme la nouvelle figure de proue du Roussillon viticole. A travers des cépages plutôt méditerranéens (carignan blanc, grenache gris ou macabeu), Marjorie et Stéphane ont développé un style singulier et très personnel, tout en finesse, en fraîcheur et en pureté d’expression. Ici, pas de surmaturité et encore moins de vins lours ou « bodybuildés », mais de l'élégance, de la lumière et du sol, toujours du sol !
Le respect de cette nature sauvage et de ce terroir, exceptionnel et difficile, guide au quotidien le travail de Marjorie et de Stéphane. Et c’est tout naturellement que l’ensemble des vignes est cultivé en Bio et désormais travaillé selon les principes de la bio-dynamie. Une approche indispensable pour que les vieilles vignes (plus de la moitié ont plus de 70 ans) continuent à exprimer avec vitalité le meilleur de ces sols pauvres de schistes feuilletés très anciens, à la structure presque sableuse sur certaines parcelles, gage d’un supplément de finesse…
Au chai, Marjorie et Stéphane développent la même philosophie, peu interventionniste, à l’écoute du vin et de son évolution naturelle. Ils utilisent peu de bois neuf mais plutôt des fûts bourguignons ayant déjà connu plusieurs vins : ils observent, ils goûtent, ils attendent, ils observent encore… jusqu’au moment où les équilibres et l’identité de chaque cuvée leur paraît les plus justes. Toujours en mouvement, portés par leur inspiration, « guidés par leurs vignes et par leurs vins », les Gallet n’ont pas hésité à déménager en 2014 pour se poser à Latour-de-France, dans des installations plus vastes, modernes et fonctionnelles, dotées d’un grand chai enterré. Ils se sont ainsi donné les moyens de réaliser leurs ambitions et de continuer à livrer une superbe partition autour de cuvées parcellaires toujours plus nombreuses, singulières et irrésistibles.
Soucieux de préparer l’avenir le plus sereinement possible, Marjorie et Stéphane se sont récemment associé à un jeune trentenaire passionné, tombé amoureux du lieu et des vins du Domaine, Thibault Ponthier. Ce corrézien, fils et petit-fils d’arboriculteur, n’attendait qu’une seule chose : saisir l’occasion pour se lancer corps et âme dans l’aventure de la vigne et du vin. C’est désormais chose faite, au côté de nos deux grands esthètes du Roussillon. Ici, l’avenir s’écrit au présent, avec enthousiasme et une vraie ambition : tant mieux !
Depuis bientôt 10 ans, nous n’avons cessé de le répéter : la subtilité, la précision et l’intensité minérale des blancs du Roc des Anges forcent l’admiration. Chaque parcellaire porte en lui ce style unique, à la fois épuré, lumineux et vibrant, littéralement habité par le sol et d’une rare distinction. Des blancs ciselés, verticaux, qu’il vous sera, à l’aveugle, très difficile à situer sur une carte des vignobles de France, tant ils vous feront voyager loin.
Nous vous proposons aujourd’hui de revenir sur un millésime 2022 de toute beauté : une réussite magistrale au Roc des Anges. Cette année encore la vigne a montré sa capacité de résilience hors du commun. Après un hiver bien arrosé, qui a permis de reconstituer des réserves hydriques dans les sous-sols, le printemps et surtout l’été ont offert des conditions climatiques assez extrêmes, entre sécheresse et températures très chaudes, voire caniculaires. Les vendanges au démarrage très précoce (début août) mais étalées dans le temps, sur plus d’un mois, ont donné des rendements faibles mais des jus particulièrement expressifs et équilibrés, portés à la fois par la douceur lumineuse de fruits bien mûrs, et cette énergie épicée si caractéristique des sols de schistes du Roc des Anges.
Cette superbe collection nous enchante encore une fois, portant toujours plus haut ce style rayonnant, d’un raffinement inégalé qui fait la signature du Roc des Anges. Des nez incroyablement complexes, harmonieux et subtils, des textures d’une finesse unique, une tension et une énergie de bouche incomparables, portées par la puissance effilée et vibratoire de la roche, des finales époustouflantes de longueur, de précision et d’élan : franchement, on tutoie la perfection. Nous sommes sous le charme et ne doutons pas une seconde qu’il en sera de même pour vous. C’est rare, c’est grand et c’est sur la Route des Blancs !
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