Les Bouzereau exploitent une cinquantaine d’ares, plus précisément situées sur la partie haute des Charmes-Dessus, tout contre le célèbre Clos des Perrières. L’âge moyen des vignes d’une bonne quarantaine d’années leur permet de s’enraciner dans le sous-sol calcaire, tout en tirant du sol plus marneux et limoneux la concentration et cette densité de matière presque voluptueuse que l’on apprécie tant dans les meilleurs Meursault-Charmes.
Après avoir passé 18 mois au total, en fûts puis en cuves, dans les caves fraîches du Domaine, creusées en 2008 pour justement se donner les moyens d’allonger et d’affiner les élevages, ce Meursault 1er Cru Charmes-Dessus se livre par touches successives au fil de son aération, combinant, dans un rare équilibre, un fruité mûr et séducteur, douceur florale mais aussi une belle énergie citronnée et pierreuse. Finesse et puissance : le combo parfait.
Le nez, expressif, s’ouvre sur des notes suaves de cire d’abeille, de pâte d’amande, de pêche juteuse, de poire juteuse et d’ananas. Ce premier rideau, plutôt sensuel et chatoyant, s’ouvre progressivement pour laisser émerger des expressions plus toniques, à la fois florales, citronnées et épicées. On pense au chèvrefeuille et au tilleul, à une verveine citronnée mais également au poivre Timut et à la baie de genièvre. Des notes stimulantes de kumquat, de cédrat confit relancent la dynamique d’un bouquet riche, qui ne cesse de se renouveler. C’est très complet et élégant.
La bouche offre un équilibre remarquable entre une texture ample, aux contours sensuels et caressants, avec ses saveurs de fruits à noyau et d’ananas bien mûr, et des notes grisantes de zeste de citron et de poivre noir. Le milieu de bouche, toujours aussi dynamique, révèle des flaveurs gourmandes de poire juteuse et de chair pulpeuse d’un brugnon, voilées d’une délicate touche miellée. La structure de ce vin, d’abord ample puis très élancé, est une merveille d’équilibre, rappelant la flèche d’une cathédrale. La finale est littéralement emportée par une fine acidité et une texture crayeuse qui allongent et électrisent le jus.
Après quelques années de cave, ce merveilleux Meursault-Charmes vous ravira sur la chair délicate d’un homard, d’un turbot ou de belles langoustines, que l’on n’hésitera pas à servir avec une sauce zestée, montée au beurre. Il s’épanouira également sur des quenelles de brochet aux écrevisses, ou, plus tard, sur la fameuse poularde de Bresse en demi-deuil…
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