Si le Domaine Laherte est l’une des rares adresses champenoises où l’on cultive les 7 cépages autorisés dans l’appellation, c’est bien le chardonnay qui domine. Il occupe près de la moitié des 11 hectares que compte aujourd’hui la propriété familiale.
La plupart des parcelles sélectionnées pour élaborer ce blanc de blancs sont situées sur la commune de Chavot : elles occupent des coteaux en pentes douces aux terres légères d’argiles fines et de craie tendre. Aurélien intègre également des raisins issus de belles parcelles de bas de coteau au coeur de la célèbre Côte des Blancs, sur les premiers crus de Vertus et Voipreux.
Soucieux de préserver au maximum l’identité et la pureté du fruit, Aurélien presse directement les jus et les entonne sans débourbage ni ajout de soufre. Adepte d’une vinification peu interventionniste, il laisse agir les levures indigènes et bloque la fermentation malolactique largement avant son terme. Il privilégie un élevage en fûts bourguignons de plusieurs vins, en provenance de Beaune, complétés de petits foudres. Le vin de base est assemblé avec 50% environ de vins de réserve.
Dégorgé en février dernier, ce Brut Nature (non dosé) à la bulle très fine offre, dès le premier nez, une sensation de fraîcheur printanière, de pureté et d’énergie évoquant la nature qui renaît. Structuré par une empreinte minérale verticale, effilée, il regorge d’arômes raffinés de petites fleurs du verger, de mimosa et de muguet, mais aussi de jeunes pousses de cerfeuil ou d’aneth. Les notes toniques de citron vert et de pamplemousse, de citron givré, de sorbet à la poire et de kiwi s’accompagnent d’une dimension plus tendre et gourmande évoquant pain au lait, pâte brisée et tarte au citron meringuée. La présence des calcaires scintille comme autant de fins éclats immaculés puis, progressivement, nous conduit vers une ambiance plus maritime : on pense aux plages normandes à l’atmosphère humide, au sable fin mouillé par un grain… Une composante chlorophyllienne s’affirme maintenant sur des évocations de concombre, de livèche et de cosses fraîches, de sucrine encore humide de la rosée matinale. Juteux, cristallin, ce Blanc de blancs nous enchante.
On aime en bouche le dynamisme d’une matière tonique, fuselée et expressive, soutenue par une belle densité de bulles fournies mais fines et légères. Ici coule une eau vive chargée d’agrumes frais, de pomme Granny et de fruit de la passion. De stimulantes évocations de gingembre, de poivre blanc, de roquette et de sauge électrisent nos papilles. L’élan minéral de la finale est remarquable, porté par des notes de silex et de sel gemme. Un Blanc de blancs aux équilibres juste parfaits, à l’énergie revigorante.
Particulièrement excitant et sapide, il nous ouvre l’appétit et nous régalera sur un tartare de bar aux herbes fines et gingembre, un saumon sauvage mariné Gravlax ou des langoustines du Guilvinec snackées, servies avec une émulsion au cerfeuil.
Une révélation !
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