Après les fêtes de fin d'année, il est peut-être temps de regarnir un peu vos casiers dédiés aux champagnes d'auteurs et de terroirs. Que diriez-vous de faire étape au coeur d'une adresse incontournable pour tout amateur de grandes bulles identitaires, des vins de lieu, de chair savoureuse et d'émotion. Alors, bienvenue chez Gonet-Médeville ! Nous sommes, depuis longtemps déjà, de fervents amateurs des champagnes du couple formé par Julie et Xavier, duo de choc à la vigne comme à la ville. Une adresse précieuse, connue des initiés, amateurs d’expressions à la fois tendues, profondes et patinées des grands terroirs champenois. La petite dizaine d’hectares du Domaine comptent autant de joyaux répartis sur les plus prestigieux terroirs de la Champagne, entre Montagne de Reims, Vallée de la Marne et Côte des Blancs : une trilogie qui fait rêver les amateurs que nous sommes !
Tout commence en 2000 lorsque les vignes de la famille Gonet, installée sur la Côte des Blancs depuis le début du 19ème siècle, sont partagées entre frères et sœurs. Xavier récupère alors de belles parcelles dont 2 hectares de chardonnay plantés sur un des meilleurs terroirs de la Champagne, le Grand Cru de Mesnil-sur-Oger au cœur de la Côte des Blancs. Julie et Xavier vont patiemment compléter le vignoble par l’acquisition d’autres vignes situées sur des premiers et grands crus de haut-vol. Si le cœur du réacteur et les caves se situent aujourd’hui à Bisseuil, terroir crayeux très identitaire de la vallée de la Marne, le vignoble Gonet-Médeville compte désormais une dizaine d’hectares et s’étend également sur Ambonnay, Bouzy, Oger ou encore Mareuil-sur-Aÿ (connu pour ses pinots meuniers).
Julie Médeville et Xavier Gonet ont tôt fait de comprendre le potentiel exceptionnel de cette mosaïque de terroirs ! Il faut dire que ces deux-là ont grandi au milieu des vignes, lui, au Mesnil-sur Oger, et elle du côté du village de Preignac, où les Médeville exploitent, depuis le début du 18ème siècle, l’illustre Château Gilette, un des joyaux du Sauternais.
Rapidement, ces deux fins palais vont définir la direction vers laquelle ils veulent aller : un retour à des vins identitaires, qui expriment tout autant leur terroir que la main et le style du vigneron qui les a vu naître. Forts de leur expérience de dégustateurs passionnés et exigeants, ils s’étonnaient, plus jeunes, du plaisir qu’ils avaient à déguster des champagnes anciens, élaborés avant les années 1970, comme ceux des années 1929, 1945, 1959 ou 1961 qu’ils citent encore aujourd’hui avec des trémolos dans la voix… Un plaisir qu’ils n’ont jamais retrouvé dans les cuvées plus récentes, même les plus prestigieuses. De longues discussions avec le grand-père de Xavier les ont conduits à dresser un constat implacable : la viticulture « moderne » avec sa mécanisation, ses engrais de synthèse, ses hauts rendements et ses actions correctrices en cave, avait certes permis aux Maisons de remplir les caves et d’inonder les marchés internationaux, mais les vins avaient perdu leur âme et leur identité.
Xavier met donc résolument le cap vers une viticulture plus respectueuse de l’environnement et inspirée de la bio-dynamie, à la recherche d’un enracinement en profondeur de la vigne dans les sous-sols de craie et de rendements mieux maîtrisés : deux conditions essentielles pour que les raisins atteignent des maturités optimales et des concentrations suffisantes pour raconter pleinement leurs origines. Travail régulier des sols, ébourgeonnage, amendements organiques uniquement, tri rigoureux des raisins à la vendange : il ne néglige aucun détail pour parvenir à l’objectif qu’il s’est fixé. De même à la cave : fini les corrections et autres artifices oenologiques.
Du fruit, rien que du fruit et de l’équilibre naturel. Xavier et Julie font le choix de vinifier le plus souvent en barriques, sans fermentation malo-lactique pour conserver la finesse et la tension naturelle des jus. En revanche, ils ne vont ni filtrer, ni coller les vins et surtout privilégier des vieillissements longs, voire très longs, et des dosages faibles, pour préserver une expression pure et complexe du terroir tout en développant la profondeur des structures de bouche. Un travail millimétré qu’ils peaufinent depuis 20 ans maintenant, sur les traces de quelques précurseurs d’une viticulture champenoise de terroir, comme Anselme Selosse en particulier.
La gamme resplendit aujourd’hui avec des Bruts sans année de fort noble origine : le Brut Tradition intègre ainsi une bonne moitié de chardonnay du Grand Cru Mesnil-sur-Oger, tandis que le magnifique Blanc de Noirs regarde du côté d’Ambonnay. Ici, point de « petit vin »… La Revue du Vin de France ne s’y est d’ailleurs pas trompée, qui fait régulièrement du Premier Cru Tradition un des « meilleurs Bruts Sans année de la Champagne » et du Blanc de Noirs son coup de cœur numéro 1 dans une récente édition spéciale Champagne…
Quant aux Grands Crus parcellaires millésimées, ils passent jusqu’à 14 ans voire plus à tranquillement vieillir sur lattes… Chez Gonet-Médeville, le chemin est tracé, peu importe le temps ou l’énergie qu’il faut déployer pour toucher au but. On ne dévie pas de cet objectif partagé par Julie et Xavier : la quête du grand vin de terroir, vivant et profond, un vin de chair patinée et d'allonge, toujours fin et harmonieux, qui saura livrer, dans la plus pure authenticité, la complexité et l'identité du lieu qui l’a vu naître. On adore. Mention spéciale pour un nouveau joyau parcellaire, qui vient étoffer une gamme déjà exemplaire : un rayonnant Grand Cru Blanc de noirs, issu d'une belle parcelle de plein coteau sur les Savelons, au coeur du Grand Cru de Bouzy. Découvrez-en le tout nouveau millésime 2020 !
C’est rare, c’est délicieux et c’est sur la Route des Blancs.
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