Domaine Thibert

Domaine Thibert

L’histoire de la famille Thibert, c’est avant tout l’histoire de la passion partagée par une très longue lignée d’artisans-vignerons pour les paysages et les grands terroirs du Sud Bourguignon. Si les attaches vigneronnes de la famille remontent au 17ème siècle, le visage « moderne » du Domaine prend forme en 1967, avec l’acquisition par Andrée et René Thibert d’une petite parcelle de vigne située sur la commune de Fuissé, leur berceau historique. Année après année, le couple a patiemment bâti un patrimoine viticole exceptionnel, sur quelques-uns des meilleurs terroirs des appellations de Pouilly (Fuissé, Vinzelles et Loché), Saint-Véran et Mâcon-Villages. Près de 25 hectares aujourd’hui, au sein desquels les vieilles vignes occupent une place importante.

Cette passion de la vigne et du vin, Andrée et René ont su la transmettre à leurs enfants, Christophe, revenu au domaine dès 1991, et Sandrine, sa sœur, qui s’est plutôt consacrée depuis 1999 au volet commercial.

En 30 ans, Christophe a réalisé un travail colossal de valorisation de ce superbe patrimoine, dans une quête perpétuelle de l’expression juste, sensible et habitée, de chaque terroir. Avec constance et discrétion, il a inscrit méthodiquement ses pas dans le respect du travail des générations passées, guidé par une valeur fondamentale transmise par ses aînés : le respect absolu du vivant, considérant la vigne et son environnement comme un écosystème à part entière.

Il a parfaitement intégré l’impérieuse nécessité du temps long, à la vigne comme à la cave, à contre-courant d’une société (et d’un monde du vin !) où l’on ne jure que par l’accélération permanente, où l’immédiat et le sans délai règnent en maîtres. Comme il le dit : « un vignoble ne peut donner son meilleur que dans la durée ».

Christophe a la chance d’exploiter des vignes dont l’âge moyen se situe autour de 50 ans, avec quelques vignes centenaires. Dès ses débuts, il a adopté le plus naturellement du monde une vision résolument écologique de la viticulture. Le respect de cet équilibre subtil entre la plante et son milieu constitue le fil conducteur de son travail. Préserver la vie microbienne des sols et éviter leur tassement, par un travail régulier mais délicat, bannir tout intrant de synthèse et ne procéder qu’à des apports biologiques, qu’ils soient minéraux ou végétaux, limiter autant que possible le recours au cuivre qui finit, en trop grande quantité, par devenir nocif, respecter au mieux les flux de sève, par une taille précise et adaptée (en l’occurrence en Guyot Poussard), contrôler strictement les rendements par un ébourgeonnage sélectif, respecter les cycles lunaires, déterminer avec une précision extrême les dates de vendanges… rien n’est laissé au hasard.

Tout est fait pour récolter des raisins parfaitement sains et concentrés, qui ont le goût de leur origine, tout le goût de leur origine et rien que le goût de leur origine. Au fil des années, Christophe a également eu l’opportunité de faire quelques rencontres marquantes qui lui ont permis d’affiner encore son approche. On pense en particulier à Arnaud Ente, le « magicien » de Meursault, et, bien sûr, à Fabien Duperray (du Domaine Jules Desjourneys) avec lequel il travaille en partenariat, à la vigne et en cave, depuis le début des années 2010. Dès lors, Christophe n’a eu de cesse de préciser sa vision du grand vin de terroir, pur et vibratoire.

Sa recherche rigoureuse et méthodique se poursuit en cave : Christophe et Sandrine n’ont pas hésité à se donner les moyens de leur ambition. Ici, tradition et modernité ne s’opposent pas, bien au contraire, du moment que toutes deux concourent à la même quête d’une expression juste et sincère des terroirs. En 2015, ils ont inauguré un nouveau chai, plus grand et plus fonctionnel, leur permettant d’affiner encore les vinifications parcellaires, en cuves thermo-régulées, et d’allonger les élevages tout en limitant autant que possible les interventions. Ici, les cuvées parcellaires passent entre 19 et 23 mois à trouver leur parfait point d’équilibre et à se stabiliser naturellement. Chez Thibert, on n’hésite pas à commercialiser les vins avec 3 années de décalage… Une démarche devenue tellement rare et pourtant si essentielle pour que les vins puissent livrer leurs messages dans toutes leurs nuances et leur complexité, au fil des années.

Après des 2017 d’une classe folle, nous avons été enchantés par une collection 2018 d’une précision d’interprétation et d’une intensité peu communes. Sur ce millésime plutôt solaire, mais où les stades de maturité se sont avérés très différenciés selon les terroirs, il fallait surtout réussir ses vendanges, parcelle par parcelle. Avec une seule obsession : des maturités justes, non seulement phénoliques, mais surtout sur le plan physiologique, à la recherche de cette maturité des goûts, des pépins et des peaux sans laquelle il n’y a pas de grand vin ! Mission parfaitement réussie pour Christophe et son équipe qui signe un millésime aux équilibres d’école. Les vins, juteux, fuselés et expressifs offrent une lecture particulièrement inspirée des terroirs de Fuissé. Ils sont portés par l’énergie du fruit mais aussi la tension épicée et la fraîcheur iodée qu’impriment les calcaires.

Le Domaine est désormais solidement installé parmi l’élite du Sud de la Bourgogne. Ce millésime 2018, parfait à boire aujourd'hui, nous régale de bout en bout ! Voici ls totues dernières bouteilles du millésime : avis aux amateurs.

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