Au cours de sa longue expérience qui l’a conduit à vinifier parmi les plus grands vins de Bourgogne, et cela dans les deux couleurs, Pierre Vincent a eu largement le temps d’apprivoiser ces monstres sacrés que sont les 6 Grands Crus de la Côte de Beaune. D’abord à la Vougeraie pendant plus de 10 ans, avec, entre autres, son célèbre Charlemagne qu’il a hissé au firmament, puis, bien sûr, chez Leflaive et son fabuleux patrimoine de vignes sur la colline du « Mont Rachet », Pierre Vincent nous a montré à quel point il savait faire briller dans les verres ces terroirs d’exception.
Alors bien sûr, difficile d’imaginer un domaine Pierre Vincent sans un Grand Cru : heureusement, le destin lui a souri. Le formidable parcellaire du Domaine Terres de Velles décelait en effet une pépite ou plus exactement deux, de vieilles vignes respectivement plantées en 1966 et 1947 sur les meilleurs secteurs du Grand Cru Corton-Charlemagne. L’occasion pour Pierre de nous livrer aujourd’hui ce Charlemagne réellement impérial.
Sur la parcelle située sur le finage d’Aloxe-Corton, les vignes, parfaitement situées à mi-coteau au cœur du climat Le Charlemagne, bénéficient de cette exposition plein Sud qui va donner au vin cette chair fuselée et la profondeur de bouche digne des plus grands. C’est d’ailleurs ici que la Romanée-Conti et le domaine Coche-Dury exploitent aussi l’essentiel de leurs vignes : elles encadrent littéralement celles de Pierre !
Mais Pierre Vincent possède un autre atout dans sa manche : une petite parcelle de vieilles sélections massales de près de 80 ans située sur le secteur d’En Charlemagne, côté Pernand-Vergelesses. Ici, le sol plus mince et l’exposition au Nord-Ouest affirme l’empreinte minérale, la vibration ciselée du vin.
De cette union, vinifiée d’abord séparément en fûts, puis assemblée et élevée près d’une année supplémentaire en cuve, est né ce vin à la noblesse intemporelle, un grand cru « de classe mondiale », pour reprendre les mots des critiques anglo-saxons. C’est un vin qui se mérite, un vin de grande garde et de temps long, un vin d’esthète exigeant et de sérénité. Loin de toute opulence gothique, ici règne la beauté sobre et raffinée rappelant les grandes abbayes cisterciennes.
Mais attention, ici, point d’austérité. L’effet millésime et la parfaite conjugaison de ces deux terroirs donnent un vin aux parfums subtils de fleurs blanches, de jasmin, de miel d’acacia, de noisette fraîche, de zeste de citron, de poire juteuse, de pomme croquante, de prune jaune, le tout baigné d’un halo crayeux au raffinement impeccable. Quelques touches de beurre de baratte et de pan frais apportent une touche gourmande, qui se renforcera avec le temps.
L’intensité et l’allonge de bouche sont stupéfiantes. Ciselée, vibrante, accrocheuse, la matière encore un peu serrée ne demandera qu’à se délier après quelques années de cave. Pour livrer un Grand Cru d’anthologie, dans la lignée de ceux que Pierre Vincent a fait naître tout au long de sa carrière. Bravo.
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