Après 8 années passées chez Leflaive, inutile de vous dire que Pierre Vincent connaît le finage de Puligny-Montrachet dans ses moindres recoins ! Il en a saisi toutes les subtilités, qui font de ce village l’un des plus fameux de tout le vignoble bourguignon pour les fabuleuses expressions de chardonnay que l’on y trouve.
Pour élaborer ce Puligny-Montrachet de haute tenue, Pierre Vincent assemble les raisins de deux petites parcelles. La première, d’une vingtaine d’ares, se situe sue l’excellent climat des Nosroyes. Il s’agit, là encore, d’une très vieille sélection massale d’un rare chardonnay à queue rouge, plantée en 1952. Nous nous situons au pied du 1er Cru Perrières, sur des sols très pierreux, non loin d’anciennes carrières. La vigne bénéficie d’une bonne exposition au Sud-Est.
Plantée en 1981, la seconde, qui compte à peine 8 ares, occupe le climat tout proche des Levrons. C’est un autre terroir marno-calcaire très qualitatif, un plus riche en marnes et en argiles, qui se situe quant à lui en contrebas du 1er Cru Les Referts. On trouve également dans le sous-sol quelques veines de pierre de lave. Ces deux terroirs assez précoces offrent des maturités abouties avec de belles concentrations.
Après un pressurage long et doux, pour ne tirer que le meilleur du jus, suivi d’un débourbage d’une nuit, la vinification démarre partiellement en cuves inox avant que les jus ne soient entonnés. Pour ses blancs, Pierre choisit de limiter à 10% environ la proportion de bois neuf : il ne cherche surtout pas à graisser ses vins par l’élevage mais, au contraire, à préserver la finesse naturelle et l’éclat des jus. Le vin fait sa malolactique en fût avant de poursuivre son élevage pendant un an. Remis en masse après un soutirage, il passe ensuite un semestre supplémentaire en cuves, avant la mise en bouteille au printemps.
Avec ce Puligny-Montrachet, tout n’est que finesse, élégance aérienne, éclat diaphane. Une sorte de composition impressionniste à la fois lumineuse, sereine et apaisante. Sa sophistication, son équilibre, sa précision, sa persistance : tout ici nous place clairement au niveau d’un excellent 1er Cru ! Les parfums de fleurs du verger, de citronnelle, de chèvrefeuille, de pomme Granny, de poire Comice, de noyau de pêche, de fruits de la passion, mais aussi de sel marin, de coquilles d’huîtres s’entremêlent dans une danse entraînante, gracile.
Le plaisir ne redescend pas en bouche, bien au contraire. C’est un bijou d’équilibre, de sensualité délicate, d’énergie fuselée. Le jus d’un fruit parfaitement mûr ondoie entre langue et palais. La pêche de vigne, la poire Comice, la pomme Boskoop se parent d’épices subtiles et stimulantes, autour du poivre blanc, de la baie de genièvre et de la baie de Sichuan, aux accents subtilement mentholés. Des saveurs de mandarine et de rhubarbe relancent le milieu de bouche. Tout comme le citron vert, parsemé de minuscule éclats de sel. La longueur et l’énergie de la finale sont franchement spectaculaires : entre trame saline, fruits blancs et note finement réglissée, nos papilles sont électrisées pour de longues secondes. C’est du grand art !
Promis à une belle garde, ce splendide Puligny-Montrachet brillera dans 5 ou 10 ans sur des Saint-Jacques rôties accompagnées d’un jus de palourde truffé, un navarin de Homard et ses petites pommes de terre nouvelles de Noirmoutier infusées au romarin, ou un duo volaille de Bresse et homard, à la façon de Mathieu Viannay revisitant un classique de la Mère Brazier.
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