Quand un vigneron de la trempe de Pierre Vincent se frotte à un Premier Cru de Puligny, alors on touche au sublime, tout simplement. La preuve par le vin avec ce fantastique Les Referts, d’une élégance hors classe !
Grâce à quelques grands noms comme Carillon, Ente ou Sauzet, le climat des Referts a progressivement affirmé sa place parmi les crus incontournables de Puligny-Montrachet. Il faut dire qu’il occupe un terroir de tout premier ordre et donne des vins séveux, à la fois pleins et tendus, à l’intensité aromatique exceptionnelle.
Situé juste au-dessous des Combettes, limitrophe des Charmes-Dessus de Meursault, le climat Les Referts bénéficie d’un substrat argilo-calcaire assez profond, riche en argiles assez compactes, parcouru de veines de marnes. Le sol est souvent très caillouteux en surface. Ce terroir sait donner des vins d’un grand équilibre entre une aromatique raffinée et aérienne, et une densité de texture exceptionnelle. Pour peu que l’on ait veillé à limiter les rendements à la vigne et, bien sûr, à cueillir à juste maturité.
On peut pour cela compter sur Pierre Vincent qui inscrit d’emblée son « Referts » tout au sommet. Il y exploite une petite parcelle d’une douzaine d’ares de vieilles vignes plantées en 1949. Elle jouxte la vigne d’un autre grand nom du vignoble Bourguignon, Arnaud Ente. Cette sélection massale, bichonnée avec l’aide du célèbre « maître-tailleur » italien, Marco Simonit, est en pleine forme. Bien sûr, à son âge très respectable, elle donne des rendements naturellement faibles, gages de raisins expressifs et concentrés.
Après un élevage haute-couture, sans bois neuf et le moins d’intervention possible, Pierre nous livre ici un modèle du genre, d’une élégance suprême mais possédant aussi tout le charme gourmand et l’énergie du millésime 2023. On balance entre les fruits blancs et jaunes estivaux, juste cueillis, gorgés de sucs, de délicieuses notes toastées, une touche de pêche rôtie au miel, des fleurs blanches délicates, la légèreté florale du pollen, quelques épices douces, aux accents plutôt anisés, et une trame crayeuse et fumée évoquant la poussière de roche, la pointe de silex frotté.
C’est en bouche que le vin révèle son incroyable concentration, sa pulsation interne qui le fait vibrer au plus profond de votre corps. On perçoit aussi la belle maturité du fruit autour de saveurs de pomme Boskoop, de prune jaune, d’un soupçon de mangue fraîche, relevée de quelques zestes d’orange et d’une once de poivre Timut. C’est absolument succulent. Sa longue finale, saline et pénétrante, en dit long sur son extraordinaire potentiel d’évolution.
Une pièce-maîtresse, à encaver au minimum 5 ans, avant de la servir sur des plats de fêtes, à la chair délicate et aux sauces émulsionnées plutôt que crémeuses : turbot, sole, langoustine devraient lui convenir à merveille. Tout comme la volaille de Bresse ou les ris de veau.
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