Célèbre 1er cru de Saint-Aubin, La Chatenière surplombe les anciens chais familiaux occupés par Joseph, au-dessus du Hameau de Gamay. Ici, la pente est raide, très drainante et le sol mince est riche en oxydes de fer. Il laisse rapidement la place à la roche-mère calcaire, dans laquelle les vignes d’une bonne cinquantaine d’années s’immiscent en profondeur, y trouvant fraîcheur et nutriments.
La parcelle exploitée par Joseph se situe plutôt au bas de la pente : elle est relativement tardive et traditionnellement vendangée au moins une semaine après En Remilly. Ici, la durée d’ensoleillement est un peu plus faible. La belle concentration du fruit s’équilibre alors à merveille avec une minéralité ciselée, qui porte en elle fraîcheur et tension.
Avec sa vinification sans intrant et son élevage en grands fûts, sans bâtonnage, Joseph parvient à capter l’essence intensément minérale de ce cru mais aussi la fraîcheur et l’éclat du millésime avec une précision remarquable.
On est immédiatement frappé par la finesse des premiers arômes. Des volutes florales s’échappent d’un verre à peine agité. Ces fragrances évanescentes évoquent les fleurs blanches, le muguet et le tilleul. C’est d’une grâce subtile. De capiteux à frais, le bouquet se fait plus chlorophyllien et minéral, évoquant les herbes fines, la craie et le sel marin. Puis, des notes de pêche, de poire Comice, de citron de Menton et d’ananas s’élèvent au-dessus du verre, complétées d’une gourmande touche de biscuit. On perçoit presque, à ce stade déjà, la matière juteuse et mûre d’un Saint-Aubin caressé par d’élégantes notes empyreumatiques.
En bouche, l’attaque ferme et tendue révèle la fraîcheur d’un jus immédiatement savoureux. La poire s'accompagne de fringantes notes anisées ainsi que de beaux amers évoquant les zestes de citron et de mandarine. Ces fruits pimpants sont rejoints par de stimulantes touches épicées de poivre et de baie de genièvre. La matière se fait enfin plus crayeuse et invite une salivante salinité sur la longue finale. Ce Premier Cru La Chatenière se dresse comme un gréement léger et parfaitement équilibré qui a hissé grand-voile et misaine pour vous emmener très loin.
Ce lumineux Saint-Aubin brillera sur un carpaccio de bar aux herbes fines, des quenelles de brochet aux écrevisses. Plus tard, vous pourrez également l’associer à des andouilles de Guémené ou une pintade cuite en cocotte, au cidre et aux pommes. Succulent.
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