Comptant parmi les grandes réussites du millésime, tout en harmonie entre sensualité et fraîcheur, densité et énergie, ce Saint-Aubin 1er Cru Pitangeret est issu de deux petites parcelles de vignes plantées par le père de Joseph, Marc, au milieu des années 1980, l’une directement sur le climat de Pitangeret et l’autre sur le secteur voisin des Combes.
Dans les deux cas, nous nous situons en limite du finage de Saint-Aubin en allant vers Chassagne-Montrachet, le vin ne manquant d’ailleurs pas de similitudes avec des crus de Chassagne-Montrachet, par son empreinte empyreumatique, épicée et sa remarquable profondeur.
Exposées plein Est, les vignes bénéficient d’un substrat très calcaire, riche en oxydes de fer. Ces parcelles bien aérées, qui regardent du côté des Murgers des Dents de Chien et de Remilly, offrent une maturité assez tardive. Sur ce millésime à la fin d'été chaude et ensoleillée, les raisins ont pu atteindre leur optimum de maturité, donnant au vin un profil particulièrement équilibré entre le charme sensuel d’un fruit bien mûr et une stimulante sensation de fraîcheur, portée de bout en bout par la trame minérale et épicée venue des calcaires, par cet empyreumatisme très évocateur du finage voisin de Chassagne.
Passée une touche fumée évoquant la pierre à fusil, le premier nez nous plonge dans un univers gourmand et sensuel d’amande et de noisette, d’huile de sésame, de miel d'acacia et de pollen, de coulis de poire et de pêche, de pomme Golden, et même d'abricot. On pense aussi à un pain au lait ou un financier, à un beurre manié ou une crème fouettée. Cette sensation de douceur caressante est parfaitement balancée par des arômes plus énergiques, autour des agrumes et des épices : on reconnaît des parfums de citron vert, de cédrat, de gingembre confit, de pâte de fruit à l’orange. Le cerfeuil, finement anisé, accompagne maintenant une note de verveine séchée. La complexité est au rendez-vous, l’équilibre aussi.
La bouche, plus épaisse mais toujours souple et soyeuse, est particulièrement gourmande. On retrouve nos agrumes, mûrs et juteux : on croque dans un segment d’orange, de clémentine ou de pomelo. Gelée de coing et confiture de mirabelle précèdent une touche acidulée et vivifiante de rhubarbe. La finale déploie son énergie autour d’un cœur empyreumatique délicat, autour d'une déclinaison de poivres subtils. La fine amertume des écorces d’agrumes laisse progressivement la place à un grain crayeux qui prolonge le plaisir de longues secondes.
Ultra-sapide, ce Saint-Aubin Pitangeret brillera d’ici deux à trois ans pour accompagner noix de Saint-Jacques au cerfeuil, gambas servies avec une mayonnaise à l'estragon ou un sandre au court-bouillon et sa sauce Béarnaise. En fin de repas, on imagine quelques fromages crémeux comme un Brillat-Savarin ou un chaource. Très belle réussite !
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