Le climat En Cailleret, qui tire son nom de « caille », mot très ancien qui désignait des terrains caillouteux, compte parmi les meilleurs terroirs de Chassagne-Montrachet. Situé au Sud de la commune, ce coteau d’altitude (autour de 300 mètres), aux pentes prononcées, bénéficie d’un sol argilo-calcaire peu profond et pierreux.
Le Domaine exploite deux parcelles, plantées au début des années 1980, l’une plutôt en haut de coteau, sur un sol mince et caillouteux, tout proche de la roche, l’autre un peu en contre-bas, bénéficiant d’un substrat un peu plus riche et profond. L’assemblage de la production de ces deux parcelles, au profil sensiblement différent, contribue à donner au vin sa complexité et cet équilibre entre une matière ample, texturée, un bouquet fin et aérien et une trame pierreuse tout à fait caractéristique.
Inspiré par la bio-dynamie et soucieux de coller au plus près de l’expression du terroir, Thibault Morey a, depuis plusieurs années, opté pour un travail du sol, de la vigne et du raisin très méticuleux et particulièrement respectueux du vivant. Ici, point de chimie, mais des couverts végétaux en hiver et des « tisanes » protectrices ou autres préparations dynamisantes.
Ce « Cailleret » nous montre de bien belle façon que les grands terroirs (et les bons vignerons !) ont produit en 2020, sur ce millésime pourtant solaire, une grâce, une fraîcheur et une énergie absolument prodigieuses.
Le nez s’ouvre progressivement dans un registre à la fois tonique et délicat, mêlant la pierre frottée, la poudre d’amande, le tilleul et le jasmin, une note finement anisée, le citron et l’orange amère. Au fil de l’aération, la belle maturité du fruit s’affirme sur des nuances gourmandes de poire et de pêche blanche beurrée, complétées d’une touche de nougat. Peu à peu, l’ossature minérale du vin s’affirme : on pense maintenant à des graviers et du sable mouillés par une pluie d’été, mais aussi à des embruns salins. La précision de définition est remarquable.
Tout comme l’équilibre en bouche : ample, riche en extraits secs mais svelte, le vin fait tournoyer de minuscules éclats de roche autour d’un noyau fruité bien mûr et séveux. On se délecte de saveurs de poire, de prune jaune et de goyave, complétées de fins amers stimulants évoquant l’écorce d’orange ou de kumquat. La longue finale, saline, tendue, marie parfaitement le fruit et le sol.
S’il est déjà expressif et avenant, nous vous invitons néanmoins à faire preuve d’un peu de patience avant de profiter pleinement de ce Premier Cru En Cailleret particulièrement savoureux et élancé : il vous régalera dans 5 ans en association avec la chair délicate d’une barbue ou de quelques langoustines, accompagnées d’une mousse de céleri.
Quantité limitée à 3 bouteilles par client.
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