S’il fallait ne résumer le vin de Condrieu qu’à un seul, ce serait à coup sûr au Coteau de Vernon du Domaine Vernay que l’on penserait tant ce vin exprime ce que le mariage du viognier et d’un grand terroir aux sols granitiques produit de plus beau et de plus sophistiqué. Les vignes ont été plantées à partir des années 1930 par Francis Vernay, le père de Georges.
En 1999, le Domaine a pu racheter les parcelles qu’il lui manquait sur le fameux coteau : il règne désormais sur un ensemble unique de plus de deux hectares de vieilles vignes, en parfaite santé, cultivées depuis longtemps suivant les principes biologiques.
Évidemment, les pentes très accidentées empêchent toute mécanisation. Tous les travaux sont menés manuellement et les rendements sont ici naturellement limités. Sur le millésime 2018, aux rendements parfois élevés dans la région qui, couplés à des blocages de maturité, ont pu ici ou là conduire à des vins manquant de relief et de personnalité, c’est bien tout le contraire que l’on trouve ici !
La qualité exceptionnelle du terroir et la parfaite maturité du raisin donnent un vin d’une rare concentration, qui ne dévoilera tout son potentiel qu’après quelques années de garde. Le vin est issu d’un long élevage en fûts (dont moins d’un quart de bois neuf), d’une quinzaine de mois, période pendant laquelle va tranquillement se mettre en place cette extraordinaire complexité aromatique.
Dès le premier nez, on est bluffé par la sensation de plénitude et l’élégance qui se dégagent de ce Coteau du Vernon. Tout à la fois floral, entre mimosa, aubépine et violette, généreusement fruité, sur la poire, l’abricot et une nuance de mangue légèrement vanillée, et intensément minéral et poivré, ce Coteau de Vernon nous envoûte par sa puissance parfaitement maîtrisée et sa bouche à la fois onctueuse et tonique. Le délicat rappel de gingembre confit, de réglisse et de zestes d’agrumes sur la finale finit de nous faire chavirer.
Encore une fois, ce Coteau du Vernon tient son rang, le premier, avec une race unique et un panache admirable. Bravo Christine Vernay !
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