Nous sommes très heureux de vous ouvrir les portes d’une des adresses les plus prisées du vignoble Corse, mais aussi les plus secrètes et impénétrables : bienvenue au Domaine de Vaccelli. Ici, Gérard Courrèges et sa sœur Nathalie écrivent l’une des histoires les plus passionnantes de la viticulture contemporaine, sur les traces de leur père Alain et de leur grand-père, Roger, qui a fondé ce Domaine aujourd’hui mythique au tout début des années 1960. A l’instar des crus les plus prestigieux de la Bourgogne ou de quelques grands noms du Rhône, les cuvées parcellaires signées Vaccelli comptent aujourd’hui parmi les flacons les plus précieux et recherchés de nos vignobles, leur succès dépassant largement les rivages de cette Corse du Sud qui les a vu naître.
Mais revenons au début de l’histoire… Nous sommes en 1961 : la famille Courrèges, installée en Algérie où elle possède un vignoble important du côté de Médéa, se voit contrainte de se rapprocher de la Métropole, poussée par les troubles qui conduiront à l’indépendance du pays. Ils s’installent alors dans le Sud de Corse, à Cognocoli-Monticchi. Nous sommes dans la vallée du Taravo, à quelques encablures du golfe de Porto Pollo et de la baie de Propriano.
Parfaitement situés entre mer et montagne, sur des vallons aux expositions multiples qui ont pour trait d’union ces sols d’arènes granitiques très dégradées, ce sont une trentaine d’hectares de vignes que le grand-père de Gérard exploite alors avec son frère et son neveu. Bien sûr, à l’époque, on a un peu oublié la richesse ampélographique de ce vignoble insulaire pour se concentrer sur les grands cépages sudistes qui constituent l’essentiel de la demande, à commencer par le grenache et l’alicante que les Courrèges plantent massivement.
L’histoire du Domaine prend un virage important en 1974, lorsque le vignoble est scindé entre Alain, le père de Gérard, et son oncle. Le visage du Domaine de Vaccelli se dessine progressivement, autour d’une vingtaine d’hectares disséminés sur une multitude de parcelles dont Alain va s’employer à révéler l’identité. Mais c’est bien son fils, Gérard, qui va définitivement ancrer cet îlot de vignes, niché entre Pila Canale et Filitosa, dans l’élite des vignobles insulaires et bien au-delà.
Après des études œnologiques à Nîmes suivies d’un passage formateur au Clos Capitoro d’Ajaccio, Gérard rejoint son père en 1999. Progressivement, il imprime sa marque, avec une force de caractère, une curiosité et une précision qui n’ont d’égales que sa bonhommie apparente, son regard pétillant et son humour pince-sans-rire. Après avoir décidé, avec son père, de réduire progressivement la taille du Domaine pour se concentrer sur les meilleurs terroirs, Gérard va entamer un énorme travail de discrimination parcellaire.
Ce grand amateur de la Bourgogne viticole observe avec minutie le comportement de ses vignes, sur ces pentes où les expositions varient énormément et où la profondeur des sols d’arènes granitiques quasiment sableuses peut passer de quelques dizaines de centimètres à plusieurs mètres, avant d’atteindre la roche-mère. Très tôt, il perçoit presque intuitivement toute la richesse et les nuances qu’il peut tirer de cette mosaïque de terroirs et de microclimats, entre fraîcheur des vents marins et soleil méditerranéen.
Bien sûr, toutes les vignes sont cultivées en respectant rigoureusement les principes biologiques, même si Gérard n’a longtemps revendiqué aucun label. Il préférait rester loin de toute chapelle, à la recherche de sa propre vérité, la seule qui compte à ses yeux, la vérité du vin dans le verre, celui qui ne triche pas et raconte ses origines avec la plus grande justesse et la plus lumineuse des clartés.
Au-delà de ce travail de dentelière, où chaque micro-parcelle doit trouver le plus bel écrin en termes d’encépagement, de vinification et d’élevage, Gérard se lance en parallèle dans un programme ambitieux de surgreffage de ses vignes. Sa volonté est claire : redonner aux emblématiques cépages insulaires sciaccarellu et vermentinu la place qu’ils méritent tout en profitant de l’enracinement en profondeur des pieds de grenache ou d’alicante plantés par ses aînés entre les années 1960 et les années 1980. Un pari audacieux dans cette région au sol pauvre et au climat aride, souvent balayé par une brise marine asséchante. Mais il en faudrait beaucoup plus pour faire dévier de sa trajectoire cet homme de conviction. Un homme curieux, opiniâtre, qui ne cesse d’explorer de nouvelles voies, toujours à la recherche de l’expression la plus précise, intense et épurée, du fruit et du sol. A la cave, Gérard n’hésite pas à marier tous les types de contenants, du demi-muids au foudre et à la cuve, en passant par l’œuf en béton ou les « wine globes » en verre aujourd’hui, cherchant la plus parfaite adéquation entre chaque vin et son contenant, entre le message et le messager.
Aujourd’hui, Gérard Courrèges propose, au Domaine de Vaccelli, une collection de cuvées parcellaires proprement fascinante. Dans les trois couleurs (pour ceux qui ne connaissent pas encore les rosés de Vaccelli, ils sont juste phénoménaux !), qu’ils soient issus de sciaccarellu ou de vermentinu, ses vins transcendent leurs origines. Les sommeliers les plus pointus et les chefs les plus inspirés en ont fait des partenaires incontournables au même titre que les plus grands flacons de Bourgogne ou de la vallée du Rhône. Il y a d’ailleurs, dans les vins signés Gérard Courrèges, un je-ne-sais-quoi qui rappelle le meilleur de la Côte d’Or, dans cet équilibre subtil entre délicatesse du toucher, sophistication aromatique, tension minérale et profondeur de bouche.
Nous avons eu la chance de passer un long moment l’année dernière, en compagnie de Gérard, dans son « antre » : qui pourrait croire que dans cette cave à l’allure si simple, cachée derrière la végétation et quelques meubles chinés, au détour d’un petit chemin de campagne, se niche un des plus beaux fleurons de la viticulture contemporaine qui rayonne aujourd’hui bien au-delà des rivages corses.
Voici, pour vous, une sélection de joyaux aussi culte qu’introuvables, qui vous fera voyager dans le temps entre 2019 et le tout dernier et extrêmement rare millésime 2024. Une année pour laquelle, au vu des rendements très faibles, entre 10 et 15 hectolitres par hectare selon les parcelles, Gérard a décidé d’assembler, après les avoir vinifiés et élevés séparément, tous ses terroirs dans une seule et même cuvée d’une exceptionnelle complexité, un collector qu’il n’avait jusqu’ici produit qu’en 2017 : le blanc Sirocco ! Point de Granit, Quartz, Aja Donica, Campo di Magna ou Chioso Novo cette année, mais cette formidable "cuvée ronde" à dominante de vermentinu, complété de quelques cépages autochtones (carcaghjolu biancu, riminese, genovese et cudiverta). Un Sirocco à la fois charmeur et cristallin, d’une distinction éblouissante, porté par une fraîcheur aux accents maritimes et une arête minérale qui l’allonge et le fait vibrer sur la langue. Un superbe vin, promis à une belle garde. Cerise sur le gâteau, malgré des quantités extrêmement faibles, Gérard a tout de même décidé d’isoler son cultissime Granit 174, tant, dès les premières dégustations, son identité unique, sa classe naturelle lui sont apparues avec évidence : seul parcellaire disponible en 2024, il fera date.
En complément de cette rare allocation, Gérard nous confie, comme à son habitude, quelques trésors de sa vinothèque qui vous feront remonter le temps jusqu’en 2019.
C’est maintenant, c’est culte et c’est sur la Route des Blancs !
Vos vins seront disponibles à partir du 13/07/2026
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