Beau cadeau que nous fait Gérard Courrèges en nous confiant quelques bouteilles du premier millésime de sa cuvée Quartz, devenue depuis un porte-étendard des blancs du Domaine.
Sur cette parcelle d’arènes granitiques, les rares carcaghjolu biancu, riminese, genovese et cudiverta sont complantés. Des raisins à la personnalité aromatique affirmée, et aux faibles rendements, qui vont donner à ce vin une personnalité absolument unique, à la fois charmeuse, rafraîchissante et profonde.
Soucieux de limiter l’empreinte boisée sur ces jus naturellement riches et expressifs, Gérard privilégie pour ce vin des fermentations et un élevage intégralement en foudres de plusieurs vins. Le résultat est exceptionnel d’ampleur et d’équilibre : il possède l’envergure des plus grands flacons de Bourgogne ou du Rhône mais avec une personnalité aromatique tout à fait singulière.
A peine le verre agité que l’on embarque pour un voyage initiatique au cœur de paysages lumineux et parfumés, baignés de soleil mais comme rafraîchis en permanence par les embruns marins. Des notes réconfortantes de brioche toastée se mêlent à une la douceur aérienne des fleurs blanches, du jasmin, du pollen et d’un miel frais. L’air maritime se charge de parfums de maquis et d’épices. On aime ses notes anisées de fenouil sauvage et de badiane, de nuances mentholées d’eucalyptus, de réglisse et d’une pointe de curry. Progressivement, le fruit s’émancipe, mûr et juteux, autour de la poire, de la pêche jaune et de l’abricot, complétés d’agrumes délicats rappelant le citron confit et le pomelo. La mangue, l’ananas et une subtile note vanillée ajoutent à la gourmandise de l’ensemble. C’est tout bonnement irrésistible.
Le plaisir monte encore d’un cran en bouche où le vin déploie un jus ample, concentré mais parfaitement tonique. Les saveurs de fruits à noyau, entre pêche jaune et abricot juteux, régalent nos papilles, relevées d’un empyreumatisme aux accents poivrés. Puis, la sensation de fraîcheur opère un retour triomphal : des vagues d’agrumes irriguent les papilles, autour du citron jaune, du pamplemousse et de la carambole. La sensation d’énergie, de rebond qui se dégage de la finale est parfaitement soulignée par de fins amers rappelant le noyau d’une pêche et le bâton de réglisse. La persistance est phénoménale. Il y a là un je-ne-sais-quoi qui nous emmènerait presque du côté d’une grande marsanne de l’Hermitage…
Un grand vin de gastronomie qui brillera sur un tajine de veau aux abricots et amandes, un couscous de poissons ou une volaille pochée accompagnée d’une sauce aux morilles.
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