Première cuvée parcellaire imaginée par le grand Leonildo Pieropan, dès 1971, Calvarino a fêté son 50ème millésime. Ce vin identitaire, qui a totalement rebattu les cartes de ce que l'on pouvait attendre d'un Soave ancré dans son terroir, provient d’un assemblage où domine le traditionnel Garganega, complété avec 30% environ cette année de Trebbiano di Soave. Les vignes de coteaux, âgées de 30 à 60 ans, sont situées à 300 mètres d’altitude environ, sur le secteur orienté au Nord-Ouest de Cavarino, là où l’aventure viticole de la famille Pieropan a commencé dès 1901.
Les sols sont composés de roches volcaniques, riches en basalte et tuffeaux de l’ère Eocène. Les vendanges manuelles sont effectuées en deux temps, en septembre pour le trebbiano di soave, et en octobre pour le plus tardif garganega. Soucieux de conserver cette tension et cette fraîcheur qui signent ce cru de Cavarino, Andrea et Dario Pieropan privilégient, comme leur père avant eux, un élevage en cuve ciment, sur lies fines, pendant une année, avant de laisser le vin s’affiner en bouteille.
Le nez, aérien et versatile, est fait de jaillissements successifs de tons et de couleurs chatoyantes. L’herbe sèche, les fenaisons, un champ de fleurs mellifères et des notes d’acacia aux accents printaniers viennent à l’esprit avant l’irruption d’évocations plus minérales de tuffeau frais, relevées d’une stimulante touche de gingembre. On a le sentiment de parcourir une cave souterraine taillée dans la craie, parsemée de coquillages sédimentés. Ce rideau olfactif résolument épicé et minéral finit par s’ouvrir sur de chatoyantes expressions de prune jaune, de pomme Granny, de poire pleine et juteuse. On pense encore à une pêche rôtie ainsi qu’aux figues réchauffées par le soleil zénithal de Calvarino.
En bouche la matière texturée, enveloppante mais en retenue, est constellée d’éléments minéraux, d’éclats de silex et de poudre de calcaire. Ces premières impressions gustatives tissent un voile imprégné de salinité. Le jus salivant, gorgé de saveurs de fruits à noyau, est tendu par quelques délicats amers, des agrumes pleins de peps. La quadrille est tout d’abord singulièrement sérieuse avant de révéler une profondeur de champ tout à fait « fordienne ». La finale pierreuse est franchement revigorante.
On recommandera sur cet impressionnant Soave Calvarino, au potentiel gastronomique évident, quelques antipasti de légumes à l’huile d’olive et basilic, mais aussi des sushis, un poulet frit au citron ou encore un risotto aux fruits de mer. Les possibilités sont vastes !
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