Pour ceux qui aiment à se pencher sur l’histoire des vins et des terroirs, nous rappellerons cette anecdote. Bien avant que ne soient créés l’appellation Meursault puis le classement des climats en premiers crus (à partir des années 1940), le Docteur Jean Lavalle publie en 1855 un ouvrage de référence sur le vignoble et les grands vins de la Côte d’Or. Qu’y découvre-t-on ? Que le climat des Tessons, au coeur du coteau de Meursault, est déjà distingué à l’époque par le statut enviable de « Première cuvée » qui distingue la qualité exceptionnelle des vins qui y sont produits…
Effectivement, les anciens ne s’y étaient pas trompés, et lorsque l’on goûte les Meursaults Les Tessons de quelques grands noms comme Bouzereau, Roulot ou Morey, verticaux, élégants, dotés d’une exquise minéralité, on se dit qu’ils auraient largement mérités un classement en 1er Cru. Jean-Baptiste Bouzereau exploite ici une petite parcelle d’un demi-hectare, idéalement exposée à l’Est, où les vignes plantées en 1958 puis en 1989 s’appuient sur un substrat argilo-calcaire, au sol peu profond, où la roche-mère affleure parfois, mais néanmoins riche en éléments ferrugineux.
Conscient de la qualité de ce terroir, Jean-Baptiste choisit ici de pratiquer le même élevage que pour ses premiers crus : un élevage long, de 16 mois, en fûts, avec un quart de fûts neufs. A la dégustation, on retrouve immédiatement ce qui fait le charme des Tessons, ce côté aérien et pourtant très minéral, couplé à une puissance et une profondeur en bouche déjà perceptible, bien que le vin soit encore très jeune. Les notes appuyées de pierre à fusil s’accompagnent d’arômes de chèvrefeuille, de fruits blancs, d’agrumes et d’une touche d’amande. L’équilibre en bouche est irréprochable : volume, tension, salinité, persistance, tout est déjà en place. Mais, soyons clair, nous sommes ici face à un vrai vin de garde, qui devrait parfaitement évoluer sur les 10 prochaines années !
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