Cette cuvée assemble principalement des vignes de pinot gris plantées au tout début des années 1990 sur le désormais fameux Clos Windsbuhl. D’expérience, Olivier sait pertinemment que les sols calcaires, plus frais et tardifs, donnent les plus grands pinots gris. Ici, les raisins ne mûrissent pas trop vite, conservent une vraie finesse aromatique et tout leur potentiel d’acidité (qui peut parfois faire défaut sur des terroirs granitiques plus chauds). La capacité du Pinot Gris à parfaitement mûrir sur le Clos Windsbuhl, tout en conservant cette tension si précieuse, est connue depuis bien longtemps : dans les années 1850, il y occupait déjà une place prépondérante (nommé tockayer à l’époque).
Dès leur reprise du Clos Windsbühl, en 1987, Léonard et Olivier Humbrecht ont restructuré le vignoble et logiquement décidé de replanter du pinot gris à haute densité, sur les parcelles où le matériel végétal leur paraissait moins qualitatif. Pour cette cuvée, Olivier intègre également à son assemblage des jus issus d’autres terroirs calcaires du Domaine, en particulier sur la commune de Gueberschwihr, où les calcaires se mêlent à des marnes profondes.
Des expressions d’épices et de fleurs séchées, ressortent tout d’abord distinctement du champ plutôt suave et caressant. Le poivre blanc, le clou de girofle et la noix de muscade s’entremêlent aux notes de lavande. L’horizon complexe et vibrant s’élargit vers un registre évoquant le pomelo juteux et bien mûr, le melon et d’autres fruits estivaux. On pense à la pêche jaune et à la nectarine. Dans ce concert de parfums colorés et gourmands émerge une fine trame calcaire, aux accents poudrés. Une expression subtile des sols qui verticalise et précise encore le propos.
En bouche, des saveurs délicates de fruits blancs, poire en tête, dont on perçoit la matière finement charnue, s’imposent délicatement. On est frappée par la netteté de la texture, par son élégance jamais ostentatoire. Si quelques agrumes, autour du pamplemousse et de la pulpe d’orange, irriguent les papilles, donnant allant et dynamisme au jus, on est aussi conquis par la pureté et la gourmandise des évocations d’abricot et de mangue. On retrouve en finale un impressionnant contingent d’épices, entre poivre blanc, clou de girofle et poudre de curry, complétées de notes d’herbes séchées, de verveine et de tilleul. Des saveurs très dynamiques de citron vert reviennent pour finir, étirant formidablement la finale aux accents salins de ce magnifique pinot gris de sols calcaires.
Nous attendrons ce pinot gris quelques années encore. Les plus impatients (nous les comprenons) l’apprécieront sur des crevettes sautées au gingembre. Dans 3 à 4 ans, il s’entendra à merveille avec un curry de poireaux, cajou, coco et lieu noir, ou encore un sauté de porc aux cinq parfums, à la cantonnaise.
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