Joseph Colin nous gratifie d’un Bourgogne de haut vol, d’une élégance altière, d’une pureté et d’une verticalité ciselée qui fait honneur à ses nobles origines, entre Puligny et Chassagne-Montrachet !
Une bonne moitié de cette cuvée provient d’une parcelle de vieilles vignes, située sur le finage de Puligny-Montrachet sur le lieu-dit La Combe, à côté de l’excellent climat des Houlières. Nous sommes juste à la sortie sud du village. Si les sols sont un peu plus argileux, ils restent marqués par la présence de marnes blanches et de calcaires souples qui apportent cette finesse de texture et ces beaux équilibres acides. L’autre moitié est tout aussi bien né, du côté du climat des Hauts des Champs, sur le finage de Chassagne-Montrachet cette fois : ici, la nature du substrat apporte au jus de la structure et de la densité.
Là encore, Joseph est passé maître dans le choix des dates de vendanges afin de capter ce juste point de maturité où le raisin va donner le meilleur de ses arômes et de ses saveurs, sans avoir rien perdu de sa tension et de sa fraîcheur. Une fraîcheur que les vinifications douces ainsi que les élevages en grandes barriques de 5 à 600 litres, sans bâtonnage, ont permis de parfaitement préserver.
Ce Bourgogne séduit aujourd’hui par ses parfaits équilibres entre une aromatique raffinée, diaphane et aérienne, et une superbe concentration texturée en bouche. Au nez, on aime la présence diffuse mais énergisante des agrumes, autour d’une déclinaison de citrons principalement, tantôt sous la forme de zestes juste râpés, tantôt plus confits, sur des évocations de marmelade à l’anglaise au citron vert. Pomme Reinette et poire Comice se parent de nuances anisées et mentholées, évoquant les herbes fraîches : on pense à l’estragon, au cerfeuil, à la menthe ou à l’eucalyptus. Encore une fois, vivacité et fraîcheur sont au rendez-vous, sur un millésime pourtant solaire et précoce. Pour notre plus grand plaisir.
Mêmes sensations d’équilibre et de précision en bouche où l’entame juteuse, charnue, laisse peu à peu la place à un cœur effilé et tendu par l’imprégnation calcaire et l’énergie des épices. On reconnaît le gingembre, le poivre blanc, un soupçon encore timide de cardamome, la sauge et un sel de céleri qui relèvent un cœur fruité autour des fruits blancs, de la pêche, de l’orange sanguine et du citron vert. En rétro-olfaction, coing et clémentine s’immiscent dans cette belle farandole de saveurs.
Encore très jeune, nul doute que ce Bourgogne de haute volée se montrera encore plus complexe après 3 ans de cave. Une note d’amande voisine avec la fraîcheur de l’estragon et de la sauge. Concentré, fuselé par ce grain minéral fin et serré, déjà très long en bouche, il vous régalera alors sur des tempuras de langoustines, ou un tartare de bar aux fines herbes. A moins que vous n’optiez pour des sashimis.
Ce Bourgogne Les Hauts de la Combe fait partie de cette race de vins qui régénère : on en redemande !
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