Pour celles et ceux qui aiment à se pencher sur l’histoire des vins et des terroirs, nous rappellerons cet élément. Bien avant que ne soient créés l’appellation Meursault puis le classement des climats en premiers crus (à partir des années 1940), le Docteur Jules Lavalle publie en 1855 un ouvrage de référence sur le vignoble et les grands vins de la Côte d’Or. Qu’y découvre-t-on ? Que le climat des Tessons, au coeur du coteau de Meursault, est déjà distingué à l’époque par le statut enviable de «Première cuvée» (au même titre que la plupart des futurs premiers crus), qui distingue la qualité exceptionnelle des vins qui y sont produits.
Effectivement, les anciens ne s’y étaient pas trompés, et lorsque l’on goûte aujourd’hui les Meursaults Les Tessons de quelques grands noms de la Côte d’Or, étagés, intensément minéraux et toujours très élégants, on se dit qu’ils auraient largement mérités un classement en 1er Cru. Ce Tessons 2018 confirme son rang avec beaucoup de classe !
Il faut dire que le lieu-dit occupe une position idéale à mi-coteau, parfaitement orientée au levant, sur des sols argilo-calcaires caillouteux et drainants, où les oolithes ferrugineuses donnent cette couleur légèrement rougeâtre. Le domaine Buisson-Charles possède ici, dans la partie Sud du climat, une petite parcelle de 34 ares, plantée de vieilles vignes de plus de 50 ans.
Après un élevage de 17 mois dont 12 en fûts (à peine 20% de bois neuf), ce Meursault Les Tessons, s’il se montre encore discret, dévoile déjà une précision de structure et une classe naturelle qui le porteront très loin. Le nez s’ouvre sur des nuances minérales fumées évoquant la pierre à fusil. Rapidement, une sensation de fraîcheur et de délicatesse émane du verre, sur des évocations de fleurs de cerisier, de tilleul, de verveine et de zestes d’agrumes. Les notes franches et jaillissantes de poire et de prune jaune soulignent l’éclat resplendissant du fruit.
La bouche offre un équilibre remarquable entre une entame caressante, presque glycérinée, et une trame minérale ondoyante qui maintient sans cesse le vin en mouvement. Ce « Tessons » danse littéralement sur les papilles et excite tous nos sens. Quelle intensité ! Quel tonus ! Quant à la finale, sapide, pleine et finement épicée, elle porte en elle la force du sol et nous transporte dans un courant ascensionnel qui dure de longues secondes…
On veillera à le laisser se délier au moins 4 ou 5 ans en cave avant de le déguster pour accompagner un risotto aux Saint-Jacques, une barbue au beurre blanc ou des langoustines snackées et leur émulsion relevée d’une pointe de curry.
Quantité limitée à 3 bouteilles par client.
© 2020 La Route des Blancs – Tous droits réservés