Nous ne boudons pas notre plaisir de pouvoir vous proposer cette superbe collection 2023, qui est de notre point de vue une des plus éblouissantes de toute la Côte de Beaune, signée par un domaine encore jeune mais déjà incontournable : Joseph Colin. Un nouveau venu… pas si nouveau que cela ! S’il a signé, en 2017, son premier millésime sous son (pré-)nom, Joseph est bien connu des amateurs de grands Bourgognes puisqu’il vinifiait jusque-là, au côté de son frère cadet Damien, les vins d’une des plus célèbres propriétés de Saint-Aubin, le Domaine Marc Colin.
15 ans après le départ du frère aîné, Pierre-Yves, ce fut donc au tour de Joseph de se faire un prénom dans cette famille de talentueux vignerons. Depuis un certain temps déjà, Joseph rêvait de faire évoluer ses méthodes culturales et sa vinification vers une approche plus inspirée de la bio-dynamie et moins interventionniste en cave. Or, il est sûr que l’on ne manœuvre pas le « paquebot » familial (plus de 20 hectares tout de même) avec la même agilité qu’un petit catamaran…
C’est donc en 2017, après une mûre réflexion et des échanges avec son frère et sa sœur, que Joseph s’est finalement décidé à franchir le cap et à voler de ses propres ailes. Il a récupéré environ 6 hectares des vignes familiales, sur quelques-uns des plus beaux terroirs de Saint-Aubin et Chassagne-Montrachet. Il a également pu rapidement s’installer dans l’ancien chai de son père, un outil de travail parfaitement opérationnel qui lui a permis de livrer un premier millésime 2017 déjà très abouti et remarqué par la critique. Nous avons pour notre part découvert son travail en solo avec le millésime 2018 : nous avons été immédiatement conquis par l’éclat naturel des vins, la précision d’expression de chaque terroir et surtout, cette formidable énergie communicative, cette lumière intérieure qu’ils dégageaient.
En échangeant longuement avec Joseph, nous avons pu également mieux comprendre la philosophie qui guide ses choix. En concentrant ses efforts sur 6 hectares seulement, il a pu encore affiner et préciser son approche culturale, qui s’inspire davantage de la biodynamie. Pour pouvoir se permettre d’être moins interventionniste en cave et de laisser s’exprimer autant que possible la nature, Joseph sait parfaitement qu’il ne peut miser que sur des raisins parfaitement sains, ayant atteint leur optimum de maturité. Il fait preuve d’une précision redoutable dans les choix des dates de vendange : à un ou deux jours près, il sait pertinemment que les équilibres et surtout les aromatiques peuvent sensiblement évoluer.
Au chai aussi, Joseph a fait évoluer sa pratique : il a cherché à supprimer au maximum tout biais ou artifice de vinification qui tendrait à masquer ou travestir l’expression la plus pure et la plus vraie de chaque terroir. Après un pressurage très doux en grappe entière, il privilégie aujourd’hui les grands fûts (entre 500 et 600 litres), en veillant à pouvoir soutirer par gravité. Il limite sensiblement la proportion de bois neuf (rarement plus de 10%). En outre, Joseph a décidé de se passer autant que possible de l’ajout de soufre pendant la vinification et l’élevage, se contentant le plus souvent de protéger le vin au moment de la mise en bouteille. Bien sûr, rien n’est laissé au hasard, Joseph vérifiant fût par fût qu’aucune déviance aromatique ne survienne : on est heureusement très loin de certaines expérimentations hasardeuses que l’on rencontre encore trop souvent dans l’univers des vins « naturels » …
Toujours en quête de finesse de texture et afin de conserver pendant l’élevage suffisamment de gaz carbonique qui protège naturellement le vin, Joseph a pratiquement supprimé les bâtonnages. Au final, selon les crus, les vins passent 9 mois à un an en demi-muids avant de finir de s’harmoniser 3 à 4 mois supplémentaires en cuve. Soucieux de se donner les moyens de ses ambitions, Joseph a fait bâtir une nouvelle cuverie, sur 3 niveaux : plus fonctionnelle que les anciens chais familiaux qu’il occupait jusque-là, elle lui permet de travailler intégralement par gravité et de peaufiner les élevages, grâce à la présence de deux grandes caves enterrées dont Joseph peut ajuster les températures par un astucieux système de ventilation géothermique. Vous l’aurez compris, aucun détail n’est laissé au hasard dans cette quête permanente du vrai et du beau.
Venons-en à ce magnifique millésime 2023 : son prédécesseur nous avait franchement enthousiasmés, mais en découvrant l'hiver dernier, nous avons été rapidement convaincu qu’il le surpassait. Un modèle d’équilibre, un petit bijou d’éclat fruité et de précision d’interprétation de chaque terroir. Avec ce supplément d’énergie, de « croustillant » de bouche, comme le décrit joliment Joseph, qui souligne le relief et la vibration des vins. Du très très haut niveau !
Hormis un épisode caniculaire très tardif, fin août et début septembre, la saison 2023 fut bien moins marquée par des phénomènes extrêmes que bon nombre d’années récentes. Une année qui a commencé par un hiver plutôt doux et sec. Par la suite, des pluies intermittentes et des phases alternant chaleur et temps plus frais ont permis à la vigne de se développer sereinement, sans stress particulier. La floraison se déroulait début juin sous un temps splendide. La sortie de grappes annonçait des rendements généreux. Une abondance qui a conduit Joseph, comme la grande majorité de ses confrères, à faire tomber pas mal de raisins, au mois de juillet, afin de veiller à limiter la charge par pied et de s’assurer de bonnes maturations. D’autant que l’été ne se montrait pas particulièrement chaud et ensoleillé. Mais tout a changé après le 20 août, comme si une nouvelle saison commençait. Des pics de températures à plus de 35° accéléraient considérablement les maturités physiologiques et les niveaux de sucre. Un phénomène amplifié par une bonne pluie orageuse le 28 août.
Joseph et ses équipes ont donné les premiers coups de sécateurs le 1er septembre du côté d’En Remilly, pour finir le 12 avec les aligotés et quelques terroirs plus tardifs. L’état sanitaire des raisins était splendide, les rendements tout à fait satisfaisants, et les équilibres proches de la perfection, avec des degrés d’alcool potentiels autour de 12,5°, de belles intensités aromatiques et une vraie fraîcheur des jus, très loin des stéréotypes d’un millésime solaire.
Tous les vins nous enchantent par leur éclat et leur précision, leur énergie et leur superbe vibration de bouche. Des vins lumineux, au fruit pur, gourmand et tonique. Des vins à la fois cristallin et intenses, à l’allonge stimulante, parfaitement imprégnés de leur terroir. On adore.
Ce splendide millésime 2023 brille parmi ce que la Côte de Beaune a produit de plus excitant cette année. Ne tardez pas : nous vous proposons aujourd'hui les toutes dernières bouteilles du millésime !
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