Paul Jacqueson fut, avec Aubert de Villaine, le principal artisan de la renaissance de l’aligoté de Bouzeron, jusqu’à la reconnaissance de l’AOC en 1998. La famille Jacqueson exploite aujourd’hui une parcelle d’un hectare environ, sur le lieu-dit Les Cordères, au sud du finage de Bouzeron.
Sur ce coteau d’altitude relativement élevée (près de 300 mètres), les vieilles vignes, dont la majorité a été plantée en 1937, puisent dans le sol argilo-calcaire, riche en marnes blanches, la minéralité et cette fraîcheur souvent iodée que l’on retrouve dans le vin. Ici, le cépage Aligoté doré règne en maître : de plus faible rendement que son cousin Aligoté vert, il donne des vins nettement plus aromatiques. Des rendements particulièrement faibles cette année, suite au déficit hydrique et aux épisodes caniculaires de l'été...
Après un élevage discret de 10 mois en fûts anciens (5 à 8 ans), ce Bouzeron Les Cordères séduit avant tout par la fraîcheur, l’élégance et l’éclat lumineux qui s’en dégagent. Le tout dans une sensation d’équilibre parfait. Au nez, on se laisse porter par des notes florales printanières, évoquant les fleurs blanches, le cerfeuil et l’eucalyptus, accompagnées d’une dimension finement épicée, entre poivre blanc et safran. Viennent ensuite l’éclat et l'énergie d’un fruit juteux, entre citron vert, pamplemousse et pomme Granny. Une nuance subtile de beurre délicatement vanillé apporte une touche gourmande.
La bouche est un vrai modèle de précision, parfaitement cohérente avec le nez. Elle imbrique subtilement le fruit, l’eau et le sol. Elle est dense et juteuse, avec ses saveurs croquantes de fruits blancs et de citron, mais aussi cette dimension saline, légèrement empyreumatique, venue des calcaires. L’élan poivré et acidulé de la finale s’accompagne d’une touche mentholée qui peaufine le bel équilibre de ce Bouzeron. Quant à la persistance en bouche, elle est remarquable.
En apéritif, ce Bouzeron accompagnera fort bien un plateau d’huîtres, des toasts au tarama, à la truite fumée ou au fromage de chèvre frais. A table, on ira sur un ceviche ou une terrine de colin aux fines herbes... S’il est très agréable à déguster aujourd’hui, il n’aura aucun problème à vieillir au moins 5 ans en cave : il gagnera encore en profondeur... Attention, cette année, les quantités sont très limitées.
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