C’est en 2014 que l’histoire de ce vin démarre, lorsque Benoît Riffault et Emilie Boudot se décident à acquérir près de 5 hectares de vignes sur le plateau des Hautes-Côtes, au pied des falaises calcaires de Cormot. A travers ce projet, initié au côté de l’ami Pierre-Yves Colin-Morey, Benoît nous dit à quel point il est convaincu du potentiel de ces terroirs d’altitude, situés autour de 400 à 450 mètres, en ces temps de réchauffement climatique. Ils vont dès lors s’atteler à restructurer en profondeur ce vignoble.
Majoritairement planté à l’époque en pinot noir et gamay, une bonne partie est surgreffée en chardonnay. Ces parcelles accidentées, aux sols essentiellement calcaires mais incluant de nombreuses veines plus marneuses, sont majoritairement orientées à l’Ouest. Situées à flanc de coteau, elles occupent les pentes d’une combe protégée des vents du Nord. Autant de conditions favorables à des maturités régulières et très abouties. En outre, ce terroir au débourrement plus tardif résiste bien mieux aux épisodes de gel printanier, assez fréquents ici.
La cuvée assemble pour un tiers environ de vieilles vignes, pour un deuxième tiers des vignes de 25 ans environ, surgreffées par Benoît, et enfin les raisins de jeunes pieds de chardonnay plantés sur des sols calcaires défrichés au mitan des années 2010.
Soucieux de conserver l’éclat naturel et la fraîcheur du fruit, Benoît fait le choix d’une vinification et d’un élevage en foudres du célèbre tonnelier Rousseau, des contenants qui limitent au strict minimum les échanges oxygénés et la prise de bois.
Sur ce millésime plutôt précoce, ce Jardin du Calvaire, davantage tourné vers les fruits jaunes et une vraie volupté aromatique, se donne presque des airs murisaltiens. Du verre, à peine agité, s’élèvent des notes de pierre à fusil et de noisette grillée, de noix de muscade et d’anis étoilé, mâtinées d’une touche de miel et de quelques fleurs blanches, chèvrefeuille en tête. Une fois ce premier rideau écarté, place à une dimension gourmande résolument fruitée : on plonge dans un panier de fruits estivaux, autour du coing, de la pêche jaune, de la mirabelle et de l'ananas, relevés d’une stimulante note de zeste de bergamote et de mandarine. Le silex chaud et le musc blanc se mêlent à une touche iodée plus rafraîchissante.
En attaque, place à une texture élancée et très dynamique. Le jus est immédiatement séveux et sapide. Il présente un joli grain, affichant en milieu de bouche beaucoup d’énergie acidulée. Des saveurs de mandarine, de fruits jaunes et de nectarine irriguent le palais. A nouveau, des amers discrets – on pense à la peau de pamplemousse et au zeste confit - relancent une matière d’une belle densité.
Ce Jardin du Calvaire, intense et profond, est déjà un incontournable de la gamme. On le recommandera sur un saumon à l’oseille ou un dos de cabillaud à la vanille. Sa persistance saline lui permettra de se révéler également sur des ravioles de langoustines ou un bar de ligne cuit en croûte de sel.
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