Quintessence du terroir de Grésigny et des superbes équilibres du millésime 2022, ce Premier Cru nous enchante de bout en bout, dans un va et vient permanent entre sensualité gourmande et fraîcheur florale, mentholée. Un vin d’une profondeur à faire pâlir bien des crus de la Côte d’Or.
Ce n’est que depuis 2011 que Pierre de Benoîst et Aubert de Villaine exploitent une petite parcelle de très vieilles vignes de ce célèbre 1er cru. Idéalement située à mi-coteau, au cœur des meilleurs crus du finage de Rully, la vigne affiche aujourd’hui plus de 90 ans au compteur. Toujours en pleine santé, grâce à un soin de tous les instants et une application rigoureuse des principes biodynamiques, la plante trouve dans les profondeurs des sols marno-calcaires tous les éléments qui vont donner au vin ce subtil équilibre entre une texture enveloppante et une belle vibration minérale, au grain fin et salin.
Sur la succession de millésimes précoces et solaires que connaît actuellement la Bourgogne, le grand âge des vignes se révèle clairement être un atout : si leurs rendements sont bien sûr très faibles, elles savent apporter aux grappes cette « eau de terroir » gorgée de nutriments minéraux, à la fois fraîche et nourrissante. Pierre et son équipe ont eu le bonheur de récolter, cette année encore, des baies certes petites et très concentrées, mais gorgées de fraîcheur et d’énergie saline, acidulée.
Après une vinification totalement naturelle, sur levures indigènes, Pierre pratique un élevage long de 18 mois, privilégiant des fûts d’un à trois vins, afin de laisser tout le temps au vin de trouver son point d’harmonie et d’en révéler le relief. Ce premier Cru affiche aujourd’hui un magnifique équilibre entre un fruité sensuel, gourmand et texturé, une fraîcheur mentholée, anisée et une vibration saline, calcaire, fort stimulante.
L’élégance des notes de fleurs du verger, de chèvrefeuille ou d’acacia se marie avec la gourmandise des arômes de poire Williams, de pêche blanche, de prune jaune. La douceur enveloppante de la pâte d’amande, de la vanille et de la noix de muscade s'anime d'un élan mentholé et anisé, tout en fraîcheur. Une touche fumée évoquant la pierre frottée vient nous rappeler l’omniprésence du sol.
La bouche est sensuelle, d’une densité impressionnante mais toujours élégante, ciselée, dotée d’un très beau toucher au grain délicat. On retrouve la gourmandise des fruits du verger bien mûrs. On perçoit également cette énergie saline qui étire le vin et fait vibrer la finale sur le palais, une finale portée par une touche chlorophyllienne rappelant feuille de menthe ou d’eucalyptus, mais aussi le cerfeuil ou l’estragon. Le potentiel de garde est évident : s’il se déguste déjà fort bien, nul doute que la qualité irréprochable de l’élevage et des équilibres du vin lui permettra de se bonifier encore dans les 5 à 10 prochaines années.
Poissons à chair ferme et délicate, entre sole ou barbue, ris de veau, volailles en sauce ou fromages de vache bourguignons sauront le sublimer !
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