On doit aux sols d’argiles à silex et à la haute maturité du fruit l’impeccable structure de ce Vouvray demi-sec et sa densité. Mais on doit aussi aux talents de vinificateurs de Philippe et Vincent Foreau d’avoir su révéler, sur ce millésime pourtant solaire, cette sensation de délicatesse et d’énergie que l’on ressent tout au long de la dégustation.
Le célèbre critique Michel Bettane voit dans le Vouvray demi-sec, « la véritable identité du Clos Naudin ». C’est effectivement dans cet équilibre tendre que l’identité du sol, subtilement crayeuse, fumée, se révèle avec la plus d’éclat, dans un pas de deux exaltant avec la douceur du fruit.
La grande pureté d’un fruit à peine cueilli s’impose immédiatement, le nez à peine posé au-dessus du verre. On perçoit clairement les superbes marqueurs du chenin bien mûr sur des notes de coing, de citron légèrement confit, mais aussi des expressions franchement tonifiantes de zeste de clémentine, de pamplemousse et de fruit de la passion. La poire Comice, charnue et juteuse, dont on devine la texture finement granuleuse, vient renforcer ces premières impressions de pureté du fruit, de fraîcheur originelle. On perçoit quelques belles fragrances de cire, de pollen mais également de coquille d’huître. Les agrumes continuent de scintiller en arrière-plan, dans cet univers de lumière et d’éclat.
Contrecarrant presque le nez, la bouche de ce demi-sec offre une tension d’une grande rareté et repose sur une parfaite acidité. La dimension calcaire et saline s’immisce dans la danse : elle lézarde l’onctuosité du nectar, pour lui donner une échine saillante et un vrai dynamisme aux accents subtilement fumés rappelant des silex frottés. Des amers, tirant sur les écorces d’agrumes, et quelques notes lorgnant du côté de la pierre à fusil subliment la finale qui goûte pratiquement comme un vin sec. C’est magnifique.
Les possibilités d’accords sur ce grand demi-sec sont infinies, ou presque. On privilégiera peut-être une cuisine orientée sur le sucré-salé comme un boudin blanc aux pommes, une canette rôtie à la pêche ou un tajine de veau à l’abricot. Mais on pense aussi à des plats d’inspiration Thaïlandaise, avec des gambas au lait de coco, citronnelle, galanga et coriandre. Autre option : des langoustines snackées ou un homard rôti au beurre d’agrumes.
Un must, absolument incontournable, qui a encore gagné en profondeur et complexité après 3 ans de cave : juste divin.
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