C’est en octobre 2024, lors de notre visite annuelle au domaine pour découvrir le millésime 2023 encore en cours d’élevage que Jean-Baptiste, sourire aux lèvres, nous annonçait l’excellente nouvelle : l’arrivée d’un nouveau premier cru dans la fabuleuse collection de crus et parcellaires de la famille. Et quel premier cru : un Puligny-Montrachet 1er Cru Champ-Canet qui allait rapidement se révéler d’une grâce et d’une minéralité effilée absolument fascinantes, quelque part entre la poésie aérienne du Genevrières et la vibration minérale du Perrières de Meursault ou du Cailleret de Puligny. Bref : un nouveau bijou, indispensable dans toute bonne cave !
En réalité, cette petite parcelle (15 ares à peine) de vieilles vignes, plantées dans les années 1950 par le grand-père de Jean-Baptiste, n’était pas du tout inconnue dans la famille. Puisque Jean-Baptiste et, avant lui son père Michel, s’occupait déjà de cette vigne depuis les années 1980. Inutile de vous dire qu’ils connaissent donc intimement ce terroir, chaque rang, chaque pied. Un grand terroir s’il en est, qui jouxte, de l’autre côté du versant, le fameux Meursault-Perrières. Le climat de Champ-Canet partage avec lui ce substrat marno-calcaire très pierreux, à l’argile fine et légère, qui donne au vin cette puissance fuselée et cette vibration minérale tant recherchées.
Nous sommes heureux de vous proposer aujourd’hui le deuxième millésime de ce vin à la fois ample, pulpeux et d’un raffinement princier. Comme pour ses autres crus, il privilégie, pour cette production confidentielle, de grands fûts de 350 litres (seulement 3 au total).
Le résultat est bluffant de sophistication, d’intensité et d’équilibre. Le nez s’ouvre dans un registre aérien et minéral, autour de notes fumées et poudrées subtiles, évoquant de fines poussières de roche en suspension, complétées de fleurs blanches délicates, autour des fleurs du verger, du tilleul et d’une touche de thé au jasmin. Quelques herbes fines, être verveine et estragon, ajoutent une agréable sensation de fraîcheur. Au fil de l’aération, l’aromatique gagne en densité, en épaisseur gourmande : passées des notes de noisette et de pâte d’amande, le fruit s’impose, autour des fruits à noyau principalement. On pense à la pêche, à la prune Reine-Claude et même à l’abricot, complétés d’un soupçon de citron confit et d’une note plus douce de miel d’acacia.
La bouche est gourmande, concentrée mais tendue, étirée par une trame saline aux accents résolument calcaires. Des notes de gingembre et de zeste de citron confit viennent électriser la finale pour le plus grand plaisir de nos papilles. Le vin envahit le corps et l’esprit pendant de longues minutes.
Un pur joyau, à laisser encore grandir en cave : il vous régalera dans 5 ou 10 ans sur un turbot rôti accompagné d’un risotto safrané, un homard nappé de son jus de carapace en bisque ou encore une viennoise de sole aux noisettes et vieux parmesan.
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