Cette cuvée de l’appellation Mâcon-Vinzelles provient d’une parcelle située plutôt sur la partie basse du coteau de Pouilly-Vinzelles, qui appartenait au grand-père maternel des frères Bret. Les vignes âgées, en moyenne, d’une bonne cinquantaine d’années forment ce clos très ancien, à environ 200 mètres d’altitude, exposé à l’est et situé sur une veine rocheuse de calcaire dur.
Ce terroir donne au vin toute sa subtilité, son caractère minéral et sa remarquable fraîcheur. Les vignes et la récolte font l’objet des mêmes attentions que pour les autres cuvées des lieux-dits historiques (Les Quarts et Les Longeays), ancrées dans les principes de la bio-dynamie : labour, enherbement naturel, applications de préparations et autres tisanes dynamisantes, mais aussi des vendanges manuelles très sélectives et un pressurage lent et délicat, en grappes entières.
Soucieux de préserver au plus près la fraîcheur qui s’exprime sur ce terroir, les frères Bret font le choix de pratiquer un élevage majoritairement en cuve inox : seuls 10% de la cuvée étant vinifiés et élevés en fûts, toujours pendant 11 mois.
2020 restera dans les annales pour sa précocité : il faut remonter à 2003 pour retrouver des vendanges qui se déroulent intégralement sur le mois d’août. Si le manque d’eau a légèrement hypothéqué les rendements finaux, les vignerons sont unanimes sur la qualité́ et l’état sanitaire des raisins. Les fruits sont gorgés de soleil et le cycle complet de maturation a permis de conserver l’équilibre recherché, avec de superbes acidités. Au final, 2020 se révèle aujourd’hui très expressif dans ses aromatiques et juste parfait dans ses équilibres de bouche.
Ce Macon-Vinzelles offre un nez plutôt large et expressif autour de notes de fleur d’acacia, de chèvrefeuille, de fruits à chair blanche, poire et pêche en tête, complétées de gourmandes évocations de madeleine et de biscuit, en parfait contrepoint. Au fil de l’aération, l’expression du sol se fait jour, d’abord sur une note de craie puis sur des évocations fumées de silex frotté.
En bouche, l’attaque est claire et cristalline. La texture est finement vineuse. On retrouve ensuite les notes charmeuses de fruits mûrs et juteux. Le melon, le pamplemousse rosé et la poire sortent du lot et tapissent rapidement le palais. La matière, assez ronde, est d’une parfaite onctuosité, relevée par des notes grisantes de citron vert. La dégustation révèle un vin d’une grande harmonie, interprétant sa partition mezzo voce, jusqu’à cette belle finale à la fois beurrée, saline et délicatement amère. Un vin de lieu, merveilleusement ciselé.
On recommandera ce Clos de Grand-Père sur une truite fumée de Banca, un Sainte-Maure ou un Pouligny Saint-Pierre frais mais on pourra aussi leur préférer quelques charcuteries italiennes, zampone ou mortadelle en tête, ou encore une rafraîchissante salade pamplemousse-crevettes-sésame. Pour aller chercher la salinité et les amers de ce Mâcon-Vinzelles, on pourra aussi se laisser tenter par une brochette de porc et de coing au piment d’Espelette.
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