Voilà, pour nous, un autre sommet d’intensité et d’équilibre dans cette magnifique collection de blancs signés « Jules Desjourneys » : ce Pouilly-Fuissé, à la minéralité lumineuse, puissante mais onirique, interprète avec brio les nuances des terroirs sur toute la hauteur du coteau Sud de Fuissé.
Loin de la mode actuelle de la parcellisation poussée à outrance, Fabien revient à une approche finalement plus classique de la valorisation d’un terroir, dans toute sa complétude et sa complexité. Proches, dans l’esprit, des anciennes « cuvées rondes » bourguignonnes, ces Vignes de la Côte déclinent toutes les nuances de terroirs et de sols que l’on peut trouver du plus haut au plus bas du coteau Sud de Fuissé. L’altitude, la profondeur des sols, la présence d’argiles, leur caractère plus ou moins calcaire et caillouteux : autant de variations que l’on constate tout au long de la pente et qui vont se refléter dans le vin en subtiles nuances.
En volutes douces vous parviennent des parfums d’encens, de cendre froide, d’éclats de silex mais aussi de cédrat. On est immédiatement projeté dans un univers d’élégance raffinée. Le deuxième rideau s’ouvre sur des notes printanières et rafraîchissantes d'herbes fines, de menthe et un soupçon d’asperge verte. Un voile délicat de petites fleurs blanches se forme maintenant au-dessus du verre, autour de l’acacia, du chèvrefeuille, des fleurs de pommier ou de pêcher.
Progressivement, une dimension épicée s’affirme, d’abord assez douce, sur la noix de muscade, puis plus énergique : elle convoque une déclinaison de poivres et un peu de cumin. Une délicieuse touche toastée précède de fringants arômes de zeste de citron et d’orange sanguine. On aime ses délicats entrelacs qui charment nos sens. Quelle complexité ! Quelle grâce !
En bouche, le vin s’avère juteux et ample, porté par de succulentes saveurs de pêche blanche, de confiture de mirabelle ou de prune verte. Une dimension lactée mais rafraîchissante évoque une crème glacée au yogourt. Le jus se fait ensuite plus nerveux autour d’expressions de citron jaune confit ou encore de rhubarbe acidulée. En milieu de bouche, une once de camphre, la bergamote et des notes subtilement fumées viennent encore élargir la palette aromatique du vin et lui confèrent une rare distinction. La finale se déploie lentement autour de notes de pierrailles comme pigmentées par une pointe de poivre et de gingembre confit. Une pure merveille qu’une touche finale briochée et toastée sublime encore.
A table, il épousera des quenelles de brochet aux écrevisses, des ravioles de langoustines ou de homard dans un bouillon parfumé à la citronnelle, des noix de Saint-Jacques snackées ou rôties accompagnées de petites girolles. Autre option, un crumble de cabillaud aux poireaux et au parmesan ou une viennoise de sole aux chanterelles et jeunes pousses d’épinards.
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