Ce Mâcon-Bussières confirme avec éclat, sur ce rare millésime 2024, tout le potentiel de ce grand terroir calcaire. Malgré des rendements modestes, Elsie et les Lafon signent une nouvelle réussite majeure où la fraîcheur minérale, la densité du fruit et la précision de la matière atteignent un remarquable point d'équilibre. Une cuvée vibrante, profondément habitée par son sol.
Nous voici au cœur du terroir de Bussières, au sud du Mâconnais. Plus précisément au pied du Monsard, cette roche qui fait face à celle, plus imposante, de Vergisson. Ici, le Domaine exploite une petite parcelle de 75 ares, à mi-coteau, bénéficiant d’une exposition ouest et sud-ouest bien ensoleillée. On se trouve sur un sol très mince laissant souvent apparaître la roche-mère de calcaire dur. Ce terroir est finalement assez similaire à ceux des roches de Solutré et Vergisson.
Comme toujours au Domaine des Héritiers du Comte Lafon, tout le travail de la vigne, âgée d’une trentaine d’années, se fait en respectant scrupuleusement les principes biologiques et biodynamiques.
Le premier nez nous transporte immédiatement vers un univers profondément minéral, évoquant une rivière souterraine, des stalactites et une roche calcaire patiemment polie par l'eau. Cette fraîcheur presque tellurique sert d'écrin à des fruits blancs d'une grande pureté, entre pêche blanche et poire glacée, tandis que les agrumes restent d'abord en filigrane, davantage suggérés qu'affirmés. Très vite, le registre épicé s'impose avec beaucoup de personnalité : poivre noir, clou de girofle, noix de muscade et une discrète touche musquée viennent enrichir un bouquet déjà complexe. L'aération révèle ensuite une facette plus florale et délicatement miellée, où les genêts et le lys apportent une élégance supplémentaire. Un nez d'une rare profondeur, où chaque strate semble naître naturellement de la précédente.
La bouche conjugue avec beaucoup de naturel ampleur et tension. La matière, généreuse et soyeuse, déploie une chair abondante où dominent la pêche jaune, bientôt relevée d'un spectaculaire cortège d'épices entre safran, curry, piment, auxquels répond une mangue flambée aux accents subtilement empyreumatiques. Une touche de kumquat annonce ensuite le triomphe des agrumes. Orange, pomelo, mandarine puis un citron vert éclatant s'entrelacent avec cette même énergie épicée qui donne au vin son relief si particulier.
La finale impressionne par sa précision et sa tension vibrante. Le calcaire reprend pleinement ses droits, étirant le vin dans une longue persistance saline où les épices, le fruit et la roche semblent ne plus faire qu'un. Une nouvelle démonstration éclatante de tout ce que la biodynamie permet aujourd'hui de révéler sur ce beau terroir.
Dans sa jeunesse, il accompagnera à merveille des scampi fritti servis avec une sauce béarnaise ou tartare, des accras de morue ou une poêlée de gambas relevée d'une pointe de curry. Après deux ou trois années de cave, il trouvera un partenaire idéal dans une escalope de veau à la milanaise accompagnées de gnocchis crémeux à la sauge ou une généreuse paella marinera. Plus tard encore, sa profondeur lui permettra d'épouser un tajine de boulettes de mérou, un curry doux de lotte et gambas ou même un curry de volaille.
Une cuvée de caractère, d'une remarquable intensité.
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