La collection de Saint-Véran proposée cette année par Frantz et Caroline est bluffante d’équilibre et d’éclat : l’intensité des vins et la précision d’interprétation de chaque terroir sont remarquables de bout en bout. Le lieu-dit des Montchanins abrite cette petite parcelle de vieilles vignes, sur la commune de Prissé, mais limitrophe de Davayé. Nous sommes sur des sols argilo-calcaires relativement profonds et bruns.
L’omniprésence de petits cailloux qui se réchauffent vite et l’exposition plein Sud permettent au chardonnay d’atteindre une belle maturité et des concentrations élevées. D’autant qu’ici, les grappes sont généralement petites et bien aérées. Ce terroir précoce donne des vins charnus, denses et particulièrement charmeurs. Le sous-sol très calcaire imprime également sa marque, apportant au raisin fraîcheur et vivacité. Concentration oui, lourdeur non !
La qualité du travail à la vigne effectué par Frantz, la vitalité des sols et de la plante, mais aussi la pratique d’un élevage millimétré, sans bois neuf, d’abord en demi-muids sur lies puis en cuve, permettent à ce Saint-Véran de haut vol d’être traversé d’une énergie prodigieuse.
Le nez ciselé et précis s’ouvre sur quelques notes iodées, vite accompagnées par des expressions florales subtiles et sensuelles, évoquant chèvrefeuille, muguet et lavande. Des arômes empyreumatiques et fumés, très délicats, montent en un mince filet. A l’aération s’épanouissent de franches notes fruitées, autour de la poire Passe-Crassane, de la pêche et du pomelo.
La bouche s’ouvre sur une palette d’expressions fraîches et tonifiantes. On décèle la pulpe d’une orange, le citron de Menton et quelques zestes d’agrumes. Le jus est dynamique, délicatement mordant, gorgé de fruits blancs savoureux, pommes en tête. En milieu de bouche, on se régale d’une matière plus effilée, empreinte de notes crayeuses. Quelques nuances torréfiées allument les derniers feux de cette superbe dégustation. La finale est légèrement poivrée et saline, évoquant des pierres chauffées par le soleil.
Voici un vin qui reste lumineux et vif de bout en bout, sans jamais rien perdre de sa dimension épicurienne. Il vous régalera avec des moules marinières, une blanquette de veau ou de volaille aux trompettes de la mort ou, en fin de repas, avec un crottin de Chavignol.
Nous sommes conquis !
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