Vigneron autodidacte, aussi discret qu’iconique, François Cotat fait figure aujourd’hui de véritable « seigneur de Chavignol », pour de nombreux amateurs aux quatre coins de la planète. Depuis qu’il a repris les rênes, en 1998, du petit domaine familial d’à peine 4 hectares, il livre une des expressions les plus pures et intenses de ces grands terroirs aux pentes vertigineuses, entre calcaires et marnes kimméridgiennes.
Avant cela, François a passé près de 20 ans à apprendre le métier sur le tas, au côté de son père, Paul. Cet enfant de la vigne a grandi sur ces coteaux : il en connaît intimement les moindres recoins ou replats, chaque veine géologique, chaque nuance de sols, d’inclinaison, d’exposition. Patiemment, il a d’abord observé les gestes de ses aînés, avant, très jeune déjà, d’aller s’occuper lui-même des vignes familiales.
Comme le véritable artisan-vigneron qu’il est, il a très vite compris que c’est là, sur ces pentes abruptes, que se fait l’essentiel et que naît un grand vin. François a la chance d’exploiter aujourd’hui un beau patrimoine de vieilles vignes, profondément enracinées au cœur des plus beaux terroirs de Chavignol, pour mieux en révéler la quintessence, l’identité profonde, tantôt puissante, solaire, généreuse, comme sur l’extraordinaire Monts Damnés, tantôt plus minérale, vibratoire, fuselée, comme sur les Culs de Beaujeu. A la vigne, François s’inspire largement des pratiques qui faisait déjà le succès des vins de son père : veiller à respecter la vie et les équilibres des sols, en les labourant si nécessaire et en limitant au maximum les intrants, contrôler drastiquement les rendements, par des tailles courtes et des ébourgeonnages sélectifs, et surtout, aller chercher des maturités très abouties.
Tout comme son père avant lui, François aime les raisins mûrs et fait confiance au terroir pour préserver énergie, fraîcheur, et éviter le piège de la lourdeur. Son père allait même plus loin que lui, n’hésitant pas à vinifier, sur certains millésimes solaires, des blancs demi-secs, particulièrement appréciés par la clientèle du Domaine à l’époque. En cave, le défi est finalement assez simple : il s’agit pour François de préserver au maximum les qualités intrinsèques du fruit, ses équilibres et, bien sûr, les messages du terroir et du sol dont il s’est chargé tout au long de la saison. Car ici, c’est bien le terroir qui dicte sa loi, et rien d’autre. François intervient le moins possible : après un pressurage très délicat, en grappes entières et sans foulage préalable, les fermentations se font sous la seule action des levures indigènes. Des fermentations les plus courtes possibles, pour ne « pas fatiguer les vins ». Dans le même esprit, il n’a pas pour habitude de « triturer » ses jus, il leur fait confiance et se contente d’un léger bâtonnage en fin de fermentation.
Puis vient le temps de l’élevage dans de grandes barriques et de petits foudres, le plus souvent sans bois neuf, dans le calme et la fraîcheur des caves du Domaine, creusées sous la maison familiale, au bas du village de Chavignol. Les vins sont soutirés à deux reprises, avant d’être remis en masse pour finir de s’harmoniser puis d’être mis en bouteille, sans collage, ni filtration : du fruit, du sol, à l’état pur, sans artifice ni effet de manche.
Par leur densité exceptionnelle, les Sancerres de François Cotat sont réputés pour leur capacité de garde exceptionnelle. Les nombreux amateurs de ces rares pépites voient souvent comme un véritable sacrilège d’en ouvrir une bouteille avant 10 ans, voire bien davantage !
Nous sommes heureux de vous proposer aujourd’hui un tout nouveau et resplendissant millésime 2025 : si les rendements furent encore une fois assez faibles, car la relative sécheresse de la saison et les épisodes de forte chaleur de l’été n’ont pas permis aux raisins de beaucoup grossir, la qualité d’équilibre des jus étaient au rendez-vous. Fidèle à sa recherche de maturités abouties, François Cotat a donné les premiers coups de sécateurs début septembre, quand nombre de ses confrères vendangeaient déjà à la fi du mois d’août. Grâce aux bonnes réserves hydriques emmagasinées dans les sols et sous-sols en 2024, les vignes ne montraient aucun signe de stress hydrique et l’état sanitaire des raisins était impeccables. Si les degrés d’alcool potentiels se révélaient assez haut (souvent au-dessus de 14°), les jus ont su trouver dans les sols de marnes kimméridgiennes ou de caillottes beaucoup d’énergie et une sensation de fraîcheur qui équilibrent parfaitement la richesse naturelle du millésime. Le résultat est résolument charmeur, avec des vins tactiles, profonds, au fruit gourmand et à la vibration saline intense. Des vins, encore massifs aujourd’hui dans leur structure de bouche, qu’il faudra savoir attendre quelques années en cave pour qu’ils trouvent leur parfait point d’harmonie été commence à se délier.
Enfin, nous vous invitons à découvrir un trop rare mais superbe Cul de Beaujeu 2024, issu de ce millésime aux très faibles rendements, au profil plus cristallin et tonique, avec ses maturités bien plus tardives. Un millésime qui a vu les vendanges ne démarrer que fin septembre et courir jusqu’à mi-octobre. Si les quantités disponibles sont plus faibles que jamais, le style de cet emblématique parcellaire signé François Cotat devrait vous enchanter, à condition bien sûr d’être patient. Sur des équilibres vifs et frais, doublés d’une belle concentration car les raisins sont restés petits, il se montre d’une grande précision, fuselé, dynamique.
C’est rarissime, c’est culte et c’est maintenant, sur la Route des Blancs !
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