L’histoire du Domaine Henri Gouges est faite d’un équilibre subtil et parfaitement entretenu, génération après génération, entre permanence et tradition d’un côté, ouverture à son époque et vision d’avenir de l’autre. La permanence d’un vignoble de tout premier plan, bâti dès les années 1920 par un homme, opiniâtre et visionnaire, Henri Gouges : une quinzaine d’hectares sur le finage de Nuits-Saint-Georges, comportant une exceptionnelle collection de premiers crus, dont le fameux monopole familial du Clos des Porrets Saint-Georges. Permanence aussi d’un précepte édicté par le père fondateur, que « c’est à la vigne que mûrissent les grands vins ». Permanence de quatre générations qui se succèdent depuis pour continuer à faire briller les vins de la famille au firmament des grands bourgognes de terroir, au potentiel de garde impressionnant.
Mais l’histoire de ce Domaine, c’est aussi celle d’un esprit visionnaire voire iconoclaste, souvent à l’avance sur son temps, et doté d’une force de conviction peu commune. C’est ainsi qu’Henri Gouges fût, en Bourgogne, l’un des pionniers d’une viticulture de terroir, dès les années 1920, à une époque où les négociants nuitons et beaunois dictaient leur loi, sans être très regardants sur l’origine des raisins qu’ils achetaient. Pionnier également dans la réalisation des élevages, de la mise en bouteille et de la commercialisation des vins directement au Domaine, au côté de quelques autres figures locales comme Rousseau, d’Angerville et René Engel. Tout naturellement, Henri Gouges sera par la suite le principal avocat du classement des crus nuitons lors de la reconnaissance des appellations d’origine en 1936.
Cette capacité à aller de l’avant, à innover, tout en s’inscrivant dans le respect le plus absolu des terroirs, semble bien s’être ici transmise de génération en génération. Pierre et Christian Gouges, petits-enfants d’Henri, furent ainsi parmi les premiers à prendre le virage d’une viticulture raisonnée, dès le début des années 1980, pratiquant alors l’enherbement partiel de leurs parcelles, ce qui ne manqua pas de faire jaser de nombreux voisins de vignes… Aujourd’hui, Grégory Gouges et son cousin Antoine continuent à faire bouger les lignes, par petites touches subtiles, conservant toujours à l’esprit les convictions essentielles du fondateur. Abandon définitif de tout intrant de synthèse dans les vignes depuis 2005, nouvelle cuverie gravitaire en 2007, mieux adaptée à la volonté d’adoucir la vinification, pour réaliser des vins moins extraits et plus friands dans leur jeunesse… voilà pour l’innovation. Mais en parallèle, Antoine et Grégory ont choisi de continuer à vinifier dans les vieilles cuves en béton datant des années 1950… dans le respect raisonné de l’héritage de l'arrière-grand-père !
C’est certainement avec l’histoire des blancs chez Gouges que cette parfaite imbrication entre innovation et tradition trouve sa plus étonnante illustration. Dans les années 1930, Henri Gouges inspecte ses vignes du Clos des Porrets lorsqu’il découvre, ô surprise, quelques grappes de raisins blancs sur un pied de pinot noir ! Une mutation vient de se produire, aussi étonnante que naturelle : ni chardonnay bien sûr, ni pinot blanc alsacien ou champenois, le « pinot Gouges » est né. Quand d’autres auraient juste laissé faire cette étrange « colonisation », ou, pire, arracher ces pieds « déviants », Henri, lui, décide d’explorer toutes les facettes de ce phénomène. Il développe ainsi des greffons qu’il complante d’abord au sein même du Clos des Porrets, pendant une dizaine d’années. Il donne ainsi naissance à un rare 1er Cru Clos des Porrets blancs qui, grâce aux efforts de plusieurs générations de Gouges depuis, existe toujours et régale une poignée de chanceux… clients de la Route des Blancs !
Quelques années plus tard, Henri Gouges va jeter son dévolu sur une parcelle très calcaire, en contrebas d’une ancienne carrière, sur le Premier Cru La Perrière. Le fameux « pinot blanc » de La Perrière est ainsi né, en 1956. Un vin devenu, depuis longtemps déjà, une cuvée emblématique du Domaine, absolument incontournable pour tous les amateurs d’une autre expression en blanc des grands terroirs calcaires de la Côte d’Or. Ce que l’on sait moins, c’est qu’il plantera également, à la même période, quelques sélections massales de ce pinot « Gouges » sur un autre terroir très calcaire, Les Crots. Un climat d'altitude qui surplombe le Château-Gris et les premiers crus des Crots et des Pruliers. Ces vieilles vignes, âgées aujourd'hui entre 60 et 70 ans, donnent un Nuits Saint-Georges parcellaire blanc ultraconfidentiel, que nous avons le plaisir de vous proposer aujourd’hui en exclusivité !
Après un millésime 2021 aux maturités tardives et au profil fuselé, tendu, nous retrouvons ces rares Nuits-Saint-Georges blancs sur un millésime 2022 de chair savoureuse, de charme et d’énergie. Une année démarrée par un hiver marqué par un important déficit de pluviométrie, de l’ordre de 50%. Heureusement, sur la Côte de Nuits, de bonnes pluies sont tombées juste avant la fleur, dans la première partie du mois de mai, permettant à la végétation de bien se développer. Un épisode de grêle a fait pas mal de dégâts en juin sur certaines parcelles, amputant les volumes jusqu’à 70% sur le terroir des Crots (contraignant les Gouges à ne pas produire le blanc parcellaire Nuits-Saint-Georges les Crots en 2022). Plus positivement, ces averses orageuses ont permis ensuite aux vignes à bien résister à une longue période de sécheresse estivale couplée à des températures élevées. Jusqu’au 20 août, il n’est pas tombé une goutte d’eau sur le vignoble de Nuits. Les maturités ont progressé de façon régulière et assez précocement.
Au moment des vendanges, démarrées le 1er septembre et organisées en mode « commando » afin de capter partout le juste point de maturité, les pinots blancs (comme les pinots noirs) affichaient un état sanitaire impeccable, nécessitant très peu de tri. Avec de belles qualités aromatiques, de la maturité et des acidités bien préservées. Une matière première idéale pour signer un très beau millésime, charnu, expressif et équilibrée. Un millésime qui a permis à Grégory et Antoine Gouges de nous livrer aujourd’hui deux bijoux, parfaitement en place dès à présent : l’indétrônable Nuits-Saint-Georges 1er Cru La Perrière, vaisseau amiral du désormais fameux « pinot Gouges », et, le rarissime Nuits-Saint-Georges 1er Cru Clos des Porrets blanc, celui par lequel toute l’histoire a commencé, que nous avons la chance de vous proposer en exclusivité !
Des vins pleins de cette chair savoureuse et texturée, de ce beau volume de fruit typiques du singulier pinot blanc nuiton. Des vins également animés d’une énergie saline et épicée, d’une belle percussion minérale qui allonge les bouches et renforce la sapidité des jus. Cerise sur le gâteau, profitez de cette Vente privée exceptionnelle pour retrouver une autre exclusivité : les dernières bouteilles du Nuits Saint-Georges Les Crots 2021 (pas produit en 2022), un vin fuselé et élégant qui a encore beaucoup d’émotions à transmettre !
C’est rarissime et c’est uniquement sur la Route des Blancs.
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