Plus de 45 ans après ses débuts – il a fêté, avec les 2024, son 45ᵉ millésime ! –, Jean-Marie Guffens n'a rien perdu de sa « boulimie créatrice », de son appétit insatiable pour les nouveaux défis, ni, au final, de sa capacité à s'enthousiasmer devant la magie de la vigne et l'émotion que procure un grand vin.
En 1997, auréolé de son statut de vinificateur de génie du chardonnay mâconnais, Jean-Marie décide, avec son épouse Maine, de se lancer dans une nouvelle aventure au cœur du Luberon, sur le plateau d'Apt, au Château des Tourettes. Sur ce terroir calcaire d'altitude, les Guffens produisent aujourd'hui des blancs audacieux et toujours justes, conjuguant avec maestria le charme sensuel des vins du Sud et cette vibration minérale, cette énergie si chère à Jean-Marie Guffens.
Vingt ans plus tard, en 2017, une nouvelle aventure commence. Jean-Marie « replonge » et rachète le Château Closiot, une belle endormie située au cœur d'un terroir d'exception qui le fait rêver depuis ses jeunes années d'apprenti-vigneron. Après le Vaucluse, cap sur la Gironde et le plateau de Barsac ! Amoureux, depuis son premier séjour en France en 1977, des grandes expressions classiques des vins de Sauternes – et en particulier des grands sémillons secs, aujourd'hui trop souvent oubliés –, Jean-Marie ne se laisse pas décourager par le désamour qui frappe depuis quelques années cette terre d'élection des grands liquoreux : l'adversité le stimule ! On ne l'attend pas là ? Alors il y fonce !
Très vite, Jean-Marie comprend que Closiot recèle un véritable joyau : le Clos Bonneau, plus de quatre hectares d'un seul tenant de vieilles vignes de sémillon, plantées sur ce socle calcaire qui a forgé la légende des grands vins de Barsac.
En 2024, la saison ne débute pourtant pas sous les meilleurs auspices. Après un hiver plutôt doux, un gel tardif en avril détruit près de la moitié de la récolte potentielle. L'alternance de périodes pluvieuses et de journées plus ensoleillées entraîne ensuite un important travail dans les vignes afin de maîtriser la vigueur de la végétation et de contenir le développement du mildiou. Heureusement, un été lumineux, sans excès de chaleur et marqué par des nuits fraîches, offre des conditions idéales pour atteindre des maturités à la fois pures, intenses et préservant une remarquable fraîcheur.
En 2024, le C de Sec est issu presque exclusivement de sémillon, le gel d'avril ayant empêché la récolte du sauvignon gris. Vendangé en plusieurs passages, y compris un dernier tri de raisins très mûrs pour apporter richesse et complexité, puis élevé en fûts, dont un quart de bois neuf, il révèle toute la signature de Jean-Marie Guffens. Le vin séduit par son nez généreux mêlant poire, pêche, fruits exotiques, agrumes et délicates notes pâtissières, tandis que la bouche associe une texture ample à une remarquable fraîcheur, soutenue par une trame minérale et saline qui lui confère énergie, équilibre et une longue finale.
Nous complétons cette offre avec quelques rares bouteilles de C de Sec 2018, que Jean-Marie Guffens a eu la générosité de nous réserver, ainsi qu'avec le Bonneau Barsac 2019. Ce dernier impressionne par sa concentration exceptionnelle, parfaitement équilibrée par une superbe énergie acidulée, véritable signature des grands terroirs de Barsac. Un vin d'une remarquable profondeur, qui continue de gagner en complexité et en finesse au fil des années.
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