Disons-le tout net : dans la lignée des 2005 et 2015, pour sa densité, sa maturité parfaite et la qualité exceptionnelle de ses équilibres, le millésime 2025 est exceptionnel chez Dönnhoff ! Le patriarche Helmut Dönnhoff, 77 ans ce mois-ci, pourtant peu enclin à l’exagération confesse ne « pratiquement pas se souvenir d’avoir cueilli un jour un fruit aussi beau »… Quant aux spécialistes des vins allemands, la journaliste Anne Krebiehl ou le critique Stuart Pigott, ils ne voient ici rien moins qu’une « collection exceptionnelle ».
Plus de 20 ans déjà que nous avons découvert les vins d’Helmut Dönnhoff, un peu par hasard il est vrai : nous avions « simplement » demandé à un célèbre distributeur et caviste de Sarrebrücken, de nous faire découvrir le meilleur du Riesling allemand! Ce fut pour nous une véritable révélation, une brillante leçon de style et de terroir, à travers laquelle le riesling confirme qu’il est vraiment un cépage exceptionnel, capable, selon ses origines, de revêtir d'infinies nuances de texture et d’arômes.
De son côté, Michel Bettane n’hésite pas à comparer Helmut Dönnhoff au grand Henri Jayer, tandis que d’autres le rapprochent d’Aubert de Villaine… comparaisons plus que flatteuses qui tiennent certainement à cette capacité qu’a eue Helmut Dönnhoff de révéler les facettes du Riesling dans toute sa complexité, sa pureté et ses subtilités, de montrer combien ce fabuleux cépage est capable de transcender son terroir, d'en révéler l'identité jusque dans les moindres infimes détails. Ce grand monsieur du vin, affable et modeste, a clairement inscrit son vertigineux vignoble des rives de la Nahe comme une étape essentielle sur la route des plus grands blancs de la planète.
Si la famille Dönnhoff possède et travaille des vignes du côté d’Oberhausen depuis plus de deux siècles, on doit clairement à Helmut d’avoir donné au domaine son visage actuel. Sur les coteaux escarpés, aux multiples expositions, qui bordent les deux rives de la Nahe, les Dönnhoff exploitent aujourd’hui 25 hectares de vignes âgées entre 20 et 80 ans, très majoritairement plantés en riesling.
Le long des méandres de la rivière, ils ont su parfaitement capter les nuances de chaque sol, tantôt issus de schistes et d’ardoises, donnant aux vins une élégance incomparable, tantôt imprégnés de roches volcaniques, avec des vins au profil encore plus corsé et épicé. Adeptes de rendements limités, littéralement obsédés par la juste maturité du fruit, vinificateurs de génie, aussi bien en sec qu’en vendanges tardives, Helmut et son fils Cornelius parviennent à donner à leurs vins une profondeur, une vibration et un éclat incomparables.
Qu’ils soient bus jeunes, dans leur fraîcheur et leur aromatique étincelante de fleurs, d'herbes fines et de fruits croquants, ou après 10 ou 20 ans d’âge, laissant alors s’exprimer pleinement leur incroyable intensité minérale, les Rieslings des Dönnhoff s’inscrivent indubitablement au panthéon des plus grands vins de lieu et de terroir. Cerise sur le gâteau : la relève du grand Helmut Dönnhoff semble bien assurée ! Son fils Cornelius, enchaîne, depuis son premier « sacre » en 2014 dans le très sérieux Frankfurter Allgemeine Zeitung, les titres de meilleurs vignerons du pays…
Ici, les réussites s’enchaînent avec une régularité sans faille, comme par miracle : millésime après millésime, frais ou chaud, arrosé ou très sec, précoce (comme en 2025) ou tardif, que les rendements soient généreux ou faméliques, les Dönnhoff parviennent à capter l’essence de chaque lieu et l’identité de chaque millésime avec une maîtrise, une précision qui forcent l’admiration. Ils possèdent ce talent rare pour sublimer le message du raisin et signer de grands vins, quelles que furent les conditions à la vigne. Ici, la main du vigneron s’efface pour mieux laisser rayonner la vérité du fruit et du sol.
Revenons un peu sur les conditions de ce fabuleux millésime 2025. Après une année 2024 très difficile à la vigne, la saison 2025 s’est présentée ici sous un jour bien différent. Le débourrement fut assez paisible, sous un temps plutôt clément, sans épisode de gel comme ce fut le cas l’année précédente. Pour reprendre les mots de Cornelius, « les vignes étaient détendues ». Floraison puis nouaison se sont déroulées dans de très bonnes conditions. L’été fut ensuite plutôt chaud et sec. Fin juillet et début août, quelques pluies bienfaitrices ont permis d’éviter stress hydrique et blocages de maturité. Si les peaux des raisins sont restées assez épaisses, offrant finalement des rendements en jus plus faibles qu’espérés, les conditions de maturation étaient absolument idéales. Si bien que les vendanges furent historiquement précoces, se concentrant sur le mois de septembre. Y compris pour les sélections tardives : un épisode très précoce de botrytis a permis de couper de très beaux rieslings sur-mûris avant l’arrivée des pluies tout à la fin du mois de septembre.
Cette vendange, c’est certainement Helmut Dönnhoff qui en parle le mieux : « En 2025, les raisins avaient exactement l’aspect que j’attends de raisins de riesling parfaits. Ce millésime possède une incroyable concentration interne, sans pour autant être lourd ni riche. Les vins sont d’une pureté cristalline ! » Avec plus de 55 millésimes derrière lui, nul doute que Monsieur Dönnhoff père sait de quoi il parle…
Au final, les jus offraient un équilibre parfait entre densité et pureté aromatique, portée par des acidités brillantes, un éclat aromatique d’une grande subtilité et une empreinte minérale fuselée, tonique et épicée. En cave, Cornelius a parfaitement su sublimer cette matière première pour nous proposer une collection qui frise la perfection. Entre énergie fruitée, vivacité et vibration minérale, les Rieslings signés Dönnhoff règnent encore une fois, et pour longtemps, au sommet de ce que le vignoble allemand a produit de plus grand sur ce millésime qui fera date.
C’est indispensable, c’est rare et c’est sur la Route des Blancs.
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