Les parcelles (en particulier celle des Pargues grêlée à 100%) dont est issu le Chablis de Samuel n’ont malheureusement quasiment rien produit en 2016, c’est donc le tout nouveau Chablis Grands Terroirs 2017 que Samuel nous a confié. Ce vin assemble principalement les raisins issus d’une parcelle de vignes assez jeunes (une vingtaine d’années tout de même) sur le lieu-dit Chapelot (au sein du premier cru Montée de Tonnerre), malheureusement touché par le gel cette année, avec le raisin de très vieilles vignes âgées de 90 ans, du lieu-dit Les Cartes, terroir situé face au premier cru Vaillons, au sol très calcaire et riche en fossiles marins. Enfin, le terroir des Pargues, connu pour donner un caractère tendu et incisif aux vins, complète cet assemblage de très haute volée.
Après un élevage sur lies, uniquement en cuve inox, ce Chablis Grands Terroirs présente un profil éminemment frais, sur des notes florales puis délicatement anisées, évoquant le cerfeuil, et une fine nuance iodée, archétypale de ce que les amateurs recherchent ici. La minéralité du terroir s’exprime avec une grande pureté sur des arômes de caillou mouillé, de coquilles de mollusques, complétés d’une touche épicée évoquant le gingembre cuit et le wasabi.
En bouche, place au fruit, qui s’exprime avec éclat et gourmandise, entre pomme Golden et Reinette, poire Comice et une touche d’agrumes évoquant le citron et le pamplemousse rosé. L’équilibre est remarquable : le vin est concentré, souple et fruité. S’il évoque la gourmandise d’une crème au citron, il est traversé en permanence par cette sensation de fraîcheur et cette tension minérale qui le rend particulièrement digeste, vibrant sur le palais et très long. On retrouve dans la finale une dimension épicée (anis, poivre blanc) et ce caractère acidulé qui n’en finissent pas de titiller vos papilles.
Voici de toute évidence le compagnon idéal à associer en priorité avec les classiques de la gastronomie japonaise, tempuras de langoustines, sashimi, maki, accompagnés de légumes marinés façon « tsukemono ». Une bien belle leçon de style et de terroir.
Copyright 2019 La Route des Blancs - Tous droits réservés