La superbe collection de crus signés Lorenzon s’est agrandie depuis 2018 d’un nouveau 1er Cru à Montagny, le Mont Laurent, superbe monopole de deux hectares. Nous le retrouvons avec plaisir cette année, sur un millésime 2021 aux rendements malheureusement très bas, à la fois distingué, fuselé et gourmand, imprégné de l’énergie des agrumes et d’une intense minéralité calcaire.
Chez le très perfectionniste Bruno Lorenzon, les nouvelles cuvées n’ont pas vocation à se multiplier : Bruno considère, en effet, qu’avec 10 hectares en exploitation, il a atteint la limite de ce qu’il peut mener de front, avec son équipe, en maintenant le niveau d’exigence qui est le sien, en matière d’agronomie et de viticulture en particulier. Un niveau d’exigence, il est vrai, tout à fait hors-normes puisque le Domaine compte plus d’une personne et demie par hectare cultivé, un record ou presque… C’est à ce prix que Bruno nous régale avec des cuvées de très haute tenue qui n’ont quasiment pas d’équivalent sur la Côte Chalonnaise…
Situé dans la partie septentrionale de la zone d’appellation, ce tout petit premier cru de deux hectares environ, planté de vignes d’une quarantaine d’années, occupe une position de haut de coteau : il surplombe fièrement le village de Buxy et bénéficie d’une orientation idéale au levant. Le substrat argilo-calcaire rencontre en sous-sol des étages de marnes kimméridgiennes qui ne sont pas sans rappeler certains grands terroirs chablisiens. Une parenté que l’on va d’ailleurs percevoir lors de la dégustation, où l’intense empreinte des calcaires se mêlent à un fruité particulièrement expressif et tonique.
Rendements limités et qualité des équilibres des fruits, vinification sans aucun autre intrant qu’une dose infinitésimale de soufre à la vendange, élevage de haute précision dans des fûts spécialement conçus et fabriqués (avec des chauffes plutôt légères) par Bruno et son maître-tonnelier, affinage du vin pendant 4 mois supplémentaires en cuves inox : tous les éléments sont réunis pour que ce Mont Laurent se présente aujourd’hui sous un profil particulièrement complet et équilibré.
Le nez, élégant et expressif, s’ouvre sur la finesse et la fraîcheur des agrumes, autour du pamplemousse, de la mandarine et du citron yuzu. Ils sont rapidement rejoints par une dimension fruitée plus mûre et gourmande, évoquant la pêche blanche, la pomme rouge, le raisin et le fruit de la passion, complétés d’une touche de beurre froid et d’une note de pain frais. L’expression de la roche calcaire, sur des nuances poudrées, précède une myriade de fleurs raffinées : on reconnaît l’églantine, le chèvrefeuille, le tilleul ou la violette.
La structure de bouche est superbe : l’entame incisive et fuselée possède un toucher d’une grande finesse. Il y a là du mouvement et de la souplesse, mais aussi la gourmandise juteuse des fruits blancs et des fruits à noyau en coulis, auxquels s’ajoutent ananas et fruit de la passion. Les agrumes restent bien présents, sur l’écorce de citron vert, la mandarine ou le kumquat : ils soulignent la belle énergie interne du vin, sa percussion que vient renforcer l’expression saline et épicée du sol. Poivre, noix de muscade et piment excitent les papilles, rendant la finale particulièrement sapide et salivante. La persistance est impressionnante à ce niveau.
Un très beau vin de gastronomie que l’on imagine fort bien, d’ici 5 ans, sur un bar cuit en croûte de sel accompagné d’un beurre blanc aux salicornes. A moins que l’on opte pour une blanquette de poissons, de volaille ou de veau : à vous de choisir !
Quantité limitée à 3 bouteilles par client.
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