Nous vous ouvrons les portes aujourd’hui d’une adresse emblématique de la Bourgogne méridionale, installée au cœur du fameux village de Fuissé depuis le début du 20ème siècle : bienvenue au Domaine Robert-Denogent ! Une famille de vignerons qui comptent parmi les précurseurs d’une valorisation de l’identité de chaque terroir à travers des vinifications parcellaires limitant au maximum les intrants.
Depuis l’arrivée à la tête du domaine des frères Nicolas et Antoine Robert, la propriété a encore franchi un cap en devenant une référence incontournable pour les amateurs de vins naturels, authentiques et précis, loin des approximations de certains confrères de la vague « nature » un peu trop tournés vers le « laissons faire et on verra bien » : ici, on signe, après un travail très minutieux à la vigne comme en cave, de véritables vins de lieu et de fruit, doté d’un éclat stupéfiant. Des vins, « gourmands et sincères », pour reprendre deux mots chers à la fratrie, qui connaissent aujourd’hui un succès phénoménal et largement mérité, à l’image de la cuvée-phare « Les Sardines », dont on s’arrache la moindre bouteille reconnaissable entre toutes avec son étiquette signée de l’ami peintre, Denis Pesnot.
La famille Denogent, originaire de Fuissé, démarre une activité viticole dès le début du siècle dernier. Au sortir de la seconde guerre mondiale, Andrée Robert, née Denogent, est propriétaire d’environ 5 hectares de vignes, principalement situées sur la future appellation Pouilly-Fuissé. Déjà, à l’époque, avec son mari Emile Robert, ils ont bien compris l’intérêt de bichonner ces terroirs, dont certains comme Vers Cras ou les Reisses deviendront d’ailleurs bien plus tard des premiers crus ! A l’époque cependant, comme pratiquement dans tout le vignoble mâconnais, les moûts sont vendus aux grandes maisons de négoce beaunoises.
Avec le retour au domaine, en 1989, de l’un de leurs fils, Jean-Jacques, la propriété familiale connaît un premier virage important. Dès la fin des années 1980, il décide, en effet, de vinifier et de mettre en bouteille directement au Domaine. D’abord sur une partie de la récolte, puis sur la totalité le temps que les contrats de métayage signés avec le négoce ne prennent fin. D’emblée, Jean-Jacques se distingue également par une approche centrée sur une vinification parcellaire que seuls quelques rares pionniers pratiquent à l’époque dans la région : on pense évidemment à Jeanne puis Colette Ferret, mais aussi à Jean-Marie Guffens en particulier. Jean-Jacques a perçu tout l’intérêt de faire parler chaque terroir, aux sols souvent très variés, tantôt schisteux, tantôt calcaires, plus ou moins riches en argiles, plus ou moins profonds…
En outre, ce grand connaisseur des vins de Bourgogne et d’ailleurs, qui a beaucoup sillonné les vignobles lorsqu’il était commercial pour des bouchonniers, s’est aussi forgé quelques convictions solides, qu’il va mettre en œuvre à la vigne comme en cave. Au contact d’anciens clients devenus des amis, comme Marcel Lapierre ou Jean Foillard, figures emblématiques du renouveau viticole dans le Beaujolais voisin, il décide de faire confiance à son raisin et de limiter au maximum les intrants à la cave. Il a rapidement compris que l’essentiel du travail se faisait à la vigne, à travers une viticulture propre et soignée, et qu’ensuite, tout devait mettre en œuvre pour respecter le goût du fruit et de son lieu de naissance. Il introduit très tôt des élevages longs, couvrant au moins deux hivers, pour que les vins se nourrissent de leurs lies, gagnent en complexité et en équilibre. Le vignoble s’agrandit progressivement jusqu’à compter un peu moins de 10 hectares à la fin des années 2010. Sous son égide, les vins signés Robert-Denogent connaissent un beau succès, auprès des amateurs français et bien au-delà, jusqu’en Californie où ils sont importés par le célèbre dénicheur de talents, Kermit Lynch.
Son fils aîné, Nicolas, le rejoint au domaine en 2006, puis c’est le tour du cadet, Antoine, en 2012. Depuis 2015, ce duo tient les rênes de cette adresse incontournable : s’ils respectent et s’inspirent énormément du travail visionnaire de leurs aînés, ils impriment progressivement leur marque. Avec un vrai fait d’arme : leur volonté d’élargir leur horizon vers l’appellation Mâcon, avec l’envie de révéler d’autres terroirs, se concrétise avec l’entrée dans le giron familial de 5 nouveaux hectares, principalement sur Verzé et Charnay-lès-Mâcon. Ces parcelles vont donner naissance à ce qui est devenu aujourd’hui le vin « signature » du Domaine, le fameux Mâcon-Villages Les Sardines, dont les amateurs s’arrachent la moindre bouteille aux quatre coins du mondovino.
A la vigne, Nicolas et Antoine s’inscrivent dans cet héritage familial veillant au respect absolu des terroirs, de la biodiversité et des équilibres du vivant. Véritables paysans-vignerons et hommes de la vigne avant tout, ces adeptes d’une culture biologique et biodynamique ne ménagent pas leurs efforts pour bichonner leur trentaine de parcelles, respectant les spécificités de chacune, réparties sur près d’une trentaine de kilomètres du Nord au Sud. Expositions, altitudes, âge des vignes (certaines sont centenaires !), mais aussi la diversité de sols qui compose ici une véritable mosaïque entre schistes, calcaires, argiles, limons ou grès : le respect et la volonté de révéler chaque micro-terroir relèvent d’un véritable travail d’orfèvre auquel les deux frères et leurs équipes s’emploient sans relâche, qu’il pleuve, qu’il vente, qu’il gèle, qu’il grêle ou que le soleil soit brûlant ! Le travail à la vigne est intense, mais c’est là qu’ils « trouvent leur bonheur ». Ils privilégient des maturités très abouties, cherchant non seulement la maturité des pulpes mais aussi celles des peaux et des pépins. Il n’est pas rare qu’ils soient parmi les derniers à vendanger. Mais la qualité de leur viticulture permet aux raisins de préserver de beaux équilibres acides, que l’on retrouve intacts dans les vins.
En cave, les frères Robert ont, dans la lignée de ce qu’avait amorcé leur père, prolongé encore les élevages, longtemps sur lies, jusqu’à 30 mois au total pour le fameux Mâcon Les Sardines. Après un pressurage en grappes entières, très peu (voire pas du tout) de débourbage et aucun ajout de soufre. L’idée de ce temps long, c’est bien que les jus aient tout le loisir de se nourrir des lies, de renforcer leur structure et de trouver leur équilibre naturel. Dans le même esprit, ici, point de filtrage, ni de collage : tout le vin, rien que le vin, pur, généreux et empreint de son terroir d’origine, sans aucun artifice. Si tout cela peut paraît simple, c’est en réalité un travail très minutieux, où chaque détail compte, en particulier dans le choix des contenants (évitant autant que possible le bois neuf) : Antoine et Nicolas ajustent sans cesse le bon contenant au bon jus, mêlant pièces bourguignonnes, grands fûts, demi-muids, foudres, mais aussi des cuves inox ou émaillés, des œufs en béton… Ici, nature et précision marchent ensemble : on aime ça !
Au final, les blancs du Domaine nous ont conquis par leur superbe éclat fruité, leur belle franchise d’expression. Ils respirent le vivant, l’énergie d’une vigne et d’un terroir en pleine forme. Gourmands, habités, ils racontent un lieu, un millésime mais aussi l’état d’esprit d’une fratrie éprise de liberté et animée par l’envie de partager leur amour du vin et du plaisir qu’il procure. Le Domaine Robert-Denogent offre une proposition à la fois singulière et franchement irrésistible des terroirs du Mâconnais, s’inscrivant plus que jamais parmi les incontournables de la Bourgogne méridionale !
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