Le climat En Remilly est, à juste titre, un des plus réputés de la commune de Saint-Aubin. Situé au Sud du finage, il jouxte les vignobles de Puligny-Montrachet, et en particulier celui du célèbre Grand Cru Chevalier-Montrachet que l’on aperçoit à quelques encablures seulement depuis les vignes d’Olivier.
Le Domaine Hubert Lamy a la chance d’y exploiter près de 2 hectares de vignes, réparties sur deux parcelles, orientées plein Sud. L’une est proche du secteur des Grands Crus, à côté des Murgers des Dents de chien. Elle partage avec eux un sol typique de marnes calcaires. Elle apporte traditionnellement au vin de la profondeur de texture et de la concentration aromatique.
L’autre parcelle est en surplomb du Chevalier et regarde plutôt du côté de la Chatenière : située à une altitude plus élevée, elle bénéficie d’une fraîcheur relative et d’un sol caillouteux, sensiblement plus mince et résolument calcaire, apportant au vin cette tension et cette dimension fumée et saline caractéristique.
On comprend mieux alors la régularité sans faille et la subtile complexité du Saint-Aubin En Remilly signé par Olivier : chaque année, il nous éblouit. Ajoutons que sa capacité de garde est exceptionnelle : nous avons eu l’occasion récemment de déguster un 2007, d’une folle intensité et d’une jeunesse insolente ! Après des 2014, 2017 et 2019 qui tutoyaient les cimes, ce prodigieux 2020 prolonge cette impressionnante série.
Dès le premier nez, le vin nous plonge dans ses entrailles géologiques : la roche calcaire est omniprésente. D’abord dans un registre résolument vertical et fumé, autour de la pierre-ponce, du silex frotté ou de la pierre à fusil, puis sur une note plus iodée de coquilles de mollusques, évoquant le lointain passé maritime de ces coteaux. Peu à peu, le sol semble accepter de libérer le fruit, un beau fruit parfaitement mûr et juste cueilli, autour de la poire, de la pêche blanche et de la prune verte un peu acidulée. On décèle même une touche de mangue et une autre de zeste d’orange, suivies de quelques notes gourmandes de pâte d’amande et de mie de pain frais. Verveine, cerfeuil et nuance mentholée apportent fraîcheur et raffinement floral.
En bouche, c’est bien la sensation d’énergie qui nous frappe : l’énergie d’un fruit gorgé de soleil, de couleurs et de vitamines, entre agrumes, fruits à noyau et fruit de la passion. L’énergie des épices qui donnent au vin sa dimension empyreumatique, particulièrement excitante, avec ses notes de baie rose et de poivre Sichuan. L’énergie d’une matière fuselée, qui semble vibrer en permanence sur le palais. L’énergie d’une finale intense et pénétrante, comme imprégnée de gros sel marin. Olivier Lamy parvient à un degré de précision qui force l’admiration.
Nous tenons une fois encore un des grands blancs du millésime et de l’appellation, qu’il faudra bien sûr attendre quelques années si vous voulez l’apprécier dans toute sa complexité. Si vous ne résistez pas à en ouvrir une bouteille dans sa jeunesse (d’ici 2 ans), veillez à la carafer une bonne heure avant. Mais l’idéal reste bien sûr de patienter au moins 8 ans avant de le servir sur des langoustines flambées accompagnées de quelques girolles ou un bar de ligne cuit en croûte de sel servi avec son beurre blanc aux salicornes. Emotion garantie.
Quantité limitée à 1 Magnum par client.
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