Les œufs en béton dans lesquels le grand blanc du Domaine est vinifié puis élevé plus d’un an ressemblent en effet aux antiques Dolia, ces grandes jarres à vin, jadis en terre cuite. Mais après tout, malgré les progrès techniques et l’évolution des goûts, le vin n’est-il pas aussi une histoire de permanence ? La permanence d’un sol et d’un terroir, d’une harmonie de la plante avec son environnement, de la recherche d’un raisin sain, mûr et ensoleillé, d’une fermentation naturelle et tranquille, à l’abri de la lumière et du bruit…
C’est bien dans cette histoire millénaire, d’une nature que l’on aimerait immuable, que Dominique Hauvette a discrètement glissé ses pas. Guidée par son goût pour les grands blancs du Rhône, amples et racés, et ses intuitions, elle décide d’assembler roussanne, marsanne et clairette, complantés voici 25 ans sur ces sols calcaires et caillouteux des Alpilles. Elle sait qu’ici ces cépages trouveront les conditions idoines pour se révéler pleinement et atteindre ce qu’elle recherche : une juste maturité, sans excès, d’autant que l’exposition des vignes, plutôt au Nord, les soumet au Mistral et les protège des trop fortes chaleurs.
C’est donc dans ces fameux œufs de béton que la cuvée est vinifiée le plus naturellement du monde, puis élevé pendant un an, sans autre intervention que celle du temps qui passe… Ce Dolia 2011, taillé, comme tous les vins de Dominique Hauvette, pour une longue garde commence aujourd’hui à s’ouvrir et à livrer toute sa race.
Le sol s’exprime intensément sur des notes fumées, tandis que le terroir apporte un bouquet de champignons fins, de truffe blanche, mais aussi de fenouil, d’infusion. Le soleil jaillit du verre bien sûr, apportant de riches arômes fruités, entre orange confite, pêche jaune, abricot et ananas ! Miel et amande complètent cette formidable palette aromatique. La bouche se révèle aussi complète que le nez : il y a là beaucoup de chair et de générosité, mais aussi de la droiture, de la structure et de l’élan. La puissance est parfaitement maîtrisée et laisse se développer une longue finale, portée par de très beaux amers revigorants.
Superbe aujourd’hui, après un bon carafage, et encore mieux demain ou après-demain, voici évidemment un grand vin de gastronomie qui a toute sa place au Panthéon des grands blancs du Sud !
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