Pour certains, la cuvée Diplomate d’Empire est le plus grand blanc que l’on peut trouver en Corse… alors que d’autres ont un faible pour la cuvée Général ! Ce qui est sûr, c’est que malgré le niveau très élevé atteint aujourd’hui par certains blancs corses, on goûte rarement sur l’île un vin d’une telle intensité, d’une si élégante sophistication.
Là où le « Général » révèle un bouquet souvent explosif et une densité hors-norme, le « Diplomate » quant à lui nous invite dans un univers raffiné et cristallin, aux mille essences florales et herbacées, aussi élégantes les unes que les autres. Et que dire de l’éclat de son fruit : un mariage parfait entre texture pulpeuse et vivacité acidulée.
Le terroir d’arènes granitiques recouvertes de sables et de limons et l’orientation Nord et Nord-Est des parcelles contribuent grandement à la « race » stupéfiante de ce vin et à sa tension naturelle. La science inégalée de Jean-Charles Abbatucci pour élaborer des assemblages hors-normes fait le reste. Se côtoient ainsi dans cette cuvée Vermentinu, Brustianu, Biancu Gentile, Genovese et Rossola Bianca, vinifiés ensemble, en demi-muids puis élevés sur lies totales pendant 9 mois, avant d’être soutirés et de repasser au moins 6 mois supplémentaires en cuves. Le vin s'affine ensuite tranquillement en bouteille.
Au premier nez, on ferme les yeux et l’on s’engage dans une profonde allée fleurie, jonchée de pétales de fleurs blanches, aux parfums d’un été finissant. En fines volutes remontent du verre d’entêtantes notes d’aubépine et de camomille, de genêt, de fleur de citronnier ou d’oranger, mais aussi des effluves de sève, de résine, de pinède et d’herbes sèches. Une touche de cire d’abeille se mêle avec grâce aux notes dynamisantes et fraîches de bâton de réglisse et de cédrat.
Au fil de l’aération, le charme d’un fruit parfaitement mûr, gorgé de suc et de sucre, s’affirme : on pense à la poire, la pêche, la prune jaune et même une touche de melon. Un coulis de fruits qui enrobe maintenant quelques pâtisseries fines, corne de gazelle en tête. L’horizon olfactif gagne encore en complexité avec l’apparition de nuances vivifiantes de citron vert, de lavande et d’une pointe de fenouil sauvage. Quel voyage !
La bouche se révèle tout aussi séductrice. Le jus est à la fois charnu et d’une indicible fraicheur, zébré de saveurs d'orange sanguine, de clémentine, de zeste de citron vert et de kumquat. Les amers sont élégants et stimulants. Quelques touches de baie de genièvre et d’herbes anisées rappellent le maquis Corse. En finale, le jus, puissant et harmonieux, s’allonge presque indéfiniment et parachève son récital sur des notes épicées, entre paprika et poivre vert.
Un vin identitaire, qui résonne comme le plus beau des chants polyphoniques. On l’imagine aujourd’hui, après une bonne aération, sur une salade d’araignée de mer ou de langouste aux agrumes, fenouil et estragon. Plus tard, on n’hésitera pas à l’associer à une cuisine aromatique et sudiste à base d’huile d’olive et d’épices douces, entre tajine de mérou, bouillabaisse ou fideua catalane.
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