De 2012 à 2014, le domaine n’a produit ni demi-sec, ni moelleux, au grand dam des nombreux amateurs : ces années-là, les raisins n’ont pas été jugés à la hauteur du niveau d’exigence des Foreau ! Depuis 2015, ils ont pu enfin renouer avec cette tradition qui a largement contribué à la réputation hors-pair du domaine.
Ce demi-sec 2016 est incontestablement un vrai modèle d’équilibre ! Sa sucrosité (20 grammes) se fond admirablement en bouche, elle est clairement au service du fruit et enrobe avec délicatesse et juste ce qu’il faut de sensualité la fraîcheur et la superbe vibration minérale du vin.
On doit bien sûr aux sols d’argiles à silex et à la haute maturité du fruit l’impeccable structure du vin et sa densité. Mais on doit surtout au talent de vinificateur de Philippe Foreau cette sensation de pureté et d’énergie que l’on ressent tout au long de la dégustation. Après un tri extrêmement sévère du raisin, le vigneron pratique ici un élevage court, sans fûts neufs, et surtout très peu interventionniste. Tout à sa recherche de finesse, il ne pratique aucun bâtonnage.
Le résultat est remarquable de pureté et de dynamisme. Dès le premier nez, le fruit jaillit du verre, mûr, juteux, croquant, évoquant la poire, la nectarine, la prune jaune et même le litchi. Délicatesse et fraîcheur s’expriment sur des notes de citron, de clémentine, de verveine et une touche miellée, tandis que le sol apporte un relief épicé, évoquant le gingembre, et de fines notes racinaires.
Equilibre magistral en bouche, où l’onctuosité est sans cesse dynamisée par de fins amers d’agrumes et une touche saline : tension, dynamisme, persistance enjouée et rafraîchissante. Tout est déjà en place. On sent pourtant que nous avons ici à faire à un « nouveau-né », qui n’en est qu’aux balbutiements de la belle histoire qu’il nous racontera d’ici quelques années.
Attendez-le au moins 3 ou 4 ans, et oubliez-en quelques bouteilles pendant une dizaine d’années : l’harmonie et la précision de ce vin nous font dire que vous découvrirez alors un joyau, qui n’aura rien perdu de son éclat, mais gagné encore en intensité aromatique. Parfait aujourd’hui, après une bonne aération, sur un foie gras mi-cuit, ce superbe Vouvray demi-sec sublimera, d’ici quelques années, des ris de veau accompagnés de jeunes navets glacés…
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