La grande homogénéité des terroirs de perruches justifie pleinement le choix des Foreau de ne pas réaliser de cuvées parcellaires, mais un seul Vouvray sec, portant en lui, dans la plus parfaite harmonie, toutes les nuances minérales et la structure qu’apportent ces sols d’argiles à silex.
Autre conviction de Philippe Foreau largement partagée aujourd’hui par son fils, Vincent : la pureté aromatique et la fraîcheur naturelle du chenin vouvrillon s’accommodent mal d’un contact prolongé avec le bois. C’est pourquoi, ici, on n’utilise quasiment pas de bois neuf (à peine 5%) et l’on pratique, après une fermentation lente sur levures indigènes, un élevage en fût assez court, de 6 mois. Les Foreau cherchent avant tout la pureté d’expression du raisin, de son origine, de sa terre et de son millésime… et il la trouve avec une régularité et une précision sans faille !
Ce millésime 2022, que l’on aurait pu attendre riche et solaire, révèle aujourd’hui un éclat et un équilibre absolument somptueux, dans le registre de la finesse, de l’élégance et d’un toucher soyeux.
La cire, le miellat et le pollen se mêlent aux notes de figue, de coing, mais aussi de zestes de clémentine et de citron jaune. Quelques fleurs blanches comme l’acacia font ensuite leur apparition. La cannelle et le safran renforcent la complexité du vin. Sensations de fraîcheur et de vivacité ne nous quittent pas : on pense à de jeunes pousses mouillées par la rosée du matin, à la menthe, à un lit de fougère verte mais également à une pointe de sauge. L’expression du sol s’affirme progressivement sur des notes délicatement fumées de silex et de tuffeau.
La bouche est imprégnée d’éléments maritimes, comme balayée par les embruns. La tension est palpable et repose sur des amers justes et délicats. L’imprégnation minérale allonge et densifie le milieu de bouche. Le jus ciselé et dynamique charrie les saveurs de peau de mandarine. Les fruits blancs bien mûrs et la prune jaune apportent une douceur raffinée à ce magnifique Vouvray. Cela reste sec mais empreint d’une matière caressante. La finale poudreuse semble s’enrouler autour de galets humectés par les embruns salés. Le jus impeccablement mûr et durablement marqué par son sol, semble remonter d’une résurgence après avoir serpenté au coeur de la roche.
S’il offre un potentiel de garde évident, on pourra néanmoins l’apprécier dans sa jeunesse sur des langoustines snackées servies avec une émulsion citronnée, un bar mariné au citron vert et à la grenade, une lotte à la citronnelle ou encore un sashimi.
Un modèle pour le millésime et pour l’appellation.
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