Stéphane Riffault mène avec talent et conviction ce domaine familial, installé depuis 4 générations au cœur du Sancerrois, à Sury-en-Vaux. Formé en Bourgogne, à Beaune (son frère Benoît co-dirige d’ailleurs aujourd’hui le célèbre Domaine Etienne Sauzet, à Puligny-Montrachet), Stéphane est revenu sur les terres familiales dès 2001, après un passage au Château Angélus.
Véritable adepte des vins de terroirs, il décide alors de jouer la carte des cuvées parcellaires, chaque lieu-dit possédant ses propres caractéristiques géographiques et géologiques. Les raisins seront donc vinifiés et élevés séparément. En dégustant les blancs du Domaine, on ne peut qu’être pleinement convaincu de la justesse d’une telle approche : chaque cuvée possède bel et bien sa signature et exprime avec une redoutable précision l’identité de ses origines.
Cette démarche, centrée sur la recherche de l’harmonie parfaite entre la vigne et son lieu de naissance, Stéphane a choisi de l’approfondir en engageant dès 2012 la conversion biologique du Domaine. Après avoir obtenu la certification du domaine, il décide d’aller encore plus loin dans cette recherche de l’osmose entre la plante, son environnement et le travail du vigneron, en se tournant vers la bio-dynamie. Et comme tout ce qu’il entreprend, Stéphane a adopté ces principes avec précision et rigueur, jusqu’à la certification de l’ensemble du domaine en 2021. Des principes dont on sent aujourd’hui les effets dans les vins qui se montrent plus « vivants » que jamais.
Véritable tête chercheuse, Stéphane n’entend pas s’arrêter en si bon chemin, explorant de nouvelles voies dans les vignes pour que celles-ci trouvent les meilleures conditions pour livrer leurs messages et leur vérité. Il expérimente, par exemple, aujourd’hui une conduite sur échalas, sans rognage, cherchant ainsi à redonner à la plante sa vie de liane et à maximiser la photosynthèse, tout en minimisant la taille des grappes pour obtenir des raisins plus concentrés… une technique qui n’est pas reconnue par l’appellation ? peu lui importe, s’il doit en sortir, il en sortira... Ce qui compte pour Stéphane, c’est le résultat dans le verre, et uniquement cela ! Une histoire à suivre…
Qu’ils soient issus des fameuses « caillottes », ces collines très calcaires en pente douce, comme Les Chasseignes, ou de « terres blanches », nom donné aux coteaux abrupts de marnes calcaires, comme Les Denisottes, les vins du domaine affichent un caractère minéral affirmé, parfois iodé, associé à des notes florales et fruitées, plus ou moins épicées selon la cuvée. C’est encore plus vrai avec la cuvée Les Chailloux, issue du lieu-dit du même nom, un des seuls terroirs de la commune où le sol est principalement constitué de gros silex. Depuis le millésime 2018, Stéphane a encore affiné sa discrimination parcellaire, enrichissant la gamme de deux nouveaux vins (Monoparcelle 469 et Monoparcelle 538), deux pièces de "haute-couture" mettant à l’honneur les sous-sols de marnes kimméridgiennes et offrant pourtant deux styles bien différents : question d’exposition au vent, de profondeur du sol, d’âge des vignes… c’est bien là toute la magie du terroir ! Deux cuvées d'exception pour lesquelles Stéphane a choisi d'allonger les élevages pendant deux ans au total.
Revenons sur ce splendide millésime 2023. Le déroulé de la saison de croissance, bien qu’un peu plus chaotique, offrait pas mal de similitude avec l’année précédente. On retrouve un profil globalement assez chaud, sec et précoce. Pourtant, les jus ont su préserver fraîcheur et acidité si bien qu’il n’affiche pas du tout un profil « solaire » comme on a pu le rencontrer en 2019 et 2020 par exemple. Miracle de la nature, de la résilience de la vigne mais aussi de la faculté des vignerons du niveau de Stéphane Riffault à ajuster chaque détail du travail à la vigne aux infimes variations des conditions météorologiques.
Si le printemps et l’été ont été dominés par des épisodes de fortes chaleurs, en particulier en août, puis début septembre, l’alternance de pluies orageuses a permis d’alimenter les sols en réserves hydriques, en juin et juillet d’abord, puis mi-septembre, un peu avant les vendanges des sauvignons. Une eau bienfaitrice qui a permis de relancer le processus de maturation et de détendre les raisins qui commençaient à souffrir de températures quasi-caniculaires début septembre. Au final, la récolte s’est montrée relativement généreuse, avec des raisins offrant un excellent état sanitaire et des équilibres aboutis. Une belle promesse pour un millésime de chair, d’éclat aromatique et d’énergie.
Autant de qualités que l’on retrouve aujourd’hui dans une collection 2023 de très haut vol, mêlant concentration et fraîcheur, densité et dynamisme. Des Sancerres déjà parfaitement en place et qui iront très loin dans le temps.
Doublement étoilé par la Revue du Vin de France, vigneron de l'année pour le Guide Bettane & Desseauve qui lui a attribué sa plus haute distinction avec une cinquième étoile, consacré par des scores stratosphériques chez les critiques du Wine Advocate ou de Vinous, le travail d’orfèvre de Stéphane Riffault est reconnu, à juste titre, sur toute la planète vin. Cet esthète discret des terroirs de Sury-en-Vaux, que nous suivons avec passion depuis nos débuts, a patiemment installé ses vins au sommet de la hiérarchie sancerroise.
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