Bienvenue au Domaine Van Volxem, l’un des plus anciens et illustres domaines de la vallée de la Sarre, au cœur de Wiltingen. C’est ici, sur les coteaux de schistes escarpés et vertigineux surplombant la Sarre que les romains cultivaient déjà la vigne au 3ème siècle de notre ère. Après avoir longtemps été un des plus réputés monastères viticoles de la Moselle, le Domaine fut acquis à la fin du 18ème siècle par une riche famille de brasseurs originaire de Bruxelles, les Van Volxem.
Conscients de la qualité exceptionnelle de ces terroirs de schistes, exposés plein Sud dans cette région au climat plutôt frais, et de la capacité du riesling à exprimer ici une incroyable palette aromatique, entre fleurs, fruits et épices, les Van Volxem vont progressivement hisser les blancs du Domaine parmi les meilleurs vins de tout l’ancien empire prussien. Aux célèbres ventes aux enchères de Trèves, leurs vins s’arrachent tandis qu’à la fin du 19ème siècle, on en trouve sur les cartes des plus prestigieux établissements comme l’hôtel Adlon à Berlin ou le Ritz à Paris : ils surpassent alors en prix et en engouement des vins français aussi prestigieux que Lafitte ou Haut-Brion !
Roman Niewodniczanski est devenu en 2000 l’heureux propriétaire de ce véritable bijou du vignoble mosellan et de son formidable patrimoine de vieilles vignes franches de pied, situé à quelques encablures du non moins célèbre domaine Egon Müller. Héritiers de la philosophie du vin des Van Volxem, Roman et son maître de chai et oenologue Dominik Völk ont poursuivi une œuvre centrée sur l’élaboration de grands rieslings de terroir, secs ou moelleux, exprimant au plus juste et dans un grand raffinement les nuances de chaque parcelle.
Adeptes d’un travail manuel ultra-méticuleux à la vigne respectant les règles de l’agriculture biologique, Roman et ses équipes veillent à limiter les rendements pour ne laisser que les plus belles baies atteindre la plus parfaite maturité physiologique. S’ils privilégient des vinifications les plus naturelles qui soient, sans aucun intrant œnologique (hormis un peu de soufre pour stabiliser les vins), leur sens du détail ne semble pas avoir de limite. Dernier exemple en date : Roman a lui-même sélectionné, avec le célèbre tonnelier autrichien Franz Stockinger, une cinquantaine de chênes de 300 ans environ, dans ses propres forêts du côté de Eifel, pour confectionner les foudres utilisés au domaine, après plus de 12 ans de séchage…
Au final, le Domaine Van Volxem livre des vins extrêmement élégants, aux arômes complexes, à l’impeccable structure. Des vins justement réputés pour leur exceptionnelle capacité de garde. Des vins qui ne cessent d’impressionner la critique mondiale, se hissant par leur extraordinaire pureté d’expression et leurs équilibres magistraux au niveau de ceux du célèbre voisin Egon Müller… à des prix nettement plus abordables.
Depuis 2016, où le renouveau stylistique des vins, plus cristallins et éminemment raffinés, nous semble avoir parfaitement atteint son objectif, Van Volxem enchaîne une série de millésimes franchement impressionnants.
Après un millésime 2021 atypique, avec ses maturités tardives et son calendrier de vendanges rappelant davantage les années 1980 et 1990, l’année 2022 renoue avec un profil bien plus précoce et solaire, devenu la norme dans ce vignoble pourtant septentrional.
Démarrée avec un mois de janvier plutôt doux, aux précipitations abondantes, la saison 2022 fut surtout marquée par sa précocité : précocité du débourrement, dès le mois de mars, qui a fait craindre le pire en cas de gel tardif heureusement évité, précocité de la floraison, avec près de deux semaines d’avance par rapport à l’année précédente. Pendant toute cette période, le développement végétatif rapide et abondant a nécessité de redoubler d’efforts dans ces coteaux escarpés pour en assurer la nécessaire maîtrise. Puis vint l’été, avec un ciel bleu quotidien, des températures élevées et une quasi-absence de pluie.
Heureusement, les vieilles vignes, majoritaires ici, avec leur enracinement profond, ont bien supporté ces conditions et fait encore une fois la preuve de leur extraordinaire capacité de résilience. En outre, quelques averses bienvenues, tout début septembre, ont fini de les soulager. Les vendanges du riesling pouvaient commencer sereinement, autour du 20 septembre, pour se terminer le 16 octobre. L’état sanitaire des raisins tout comme la qualité des équilibres et des maturités étaient juste parfaits, aussi bien pour les vinifications en sec que pour les sélections tardives. Plus généreuse qu’en 2021, la récolte offrait des jus aux aromatiques expressives, proches du fruit, soutenues par de belles acidités mûres et cette tension minérale, épicée, typique des sols d’ardoises et de rhyolites.
Vinifiés sous le pilotage de Christoph Friedrich, le nouveau maître de chai, les vins se montrent à la fois mûrs et charmeurs, avec des matières denses mais fuselées, tout en étant portés par un éclat minéral fascinant de précision et d’énergie.
Au final, voici incontestablement un grand millésime pour les Rieslings de la Nahe, un millésime d’équilibre et de précision, de chair et d’énergie, un millésime de pureté où chaque terroir exprime son identité avec franchise.
En prime, nous vous invitons à profiter des toutes dernières bouteilles d’un millésime 2021 au profil bien différent, tout en dentelle et en fraîcheur ciselées. Honoré cette année encore du titre de « Vigneron de l’année » par le magazine spécialisé Der Feinschmecker, Roman Niewodniczanski continue à faire rayonner ce joyau de la Sarre, pour le plus grand bonheur des amateurs de grands rieslings secs.
C’est maintenant, c’est excellent et c’est sur la Route des Blancs.
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