La vigne sur le Mont-Olivet, c’est une histoire très ancienne : des actes notariés témoignent de leur présence ici, au milieu des oliviers, dès le 16ème siècle. Mais c’est à la famille Sabon, installée dans ce petit coin de paradis depuis le début du 20ème siècle, que l’on doit la réputation du Clos du Mont-Olivet. Si le domaine porte le nom d’une vigne emblématique de Châteauneuf, il dispose aujourd’hui d’un des patrimoines viticoles les plus variés de la prestigieuse appellation du Vaucluse.
Le Domaine exploite en effet de nombreuses parcelles réparties sur une quinzaine de lieux-dits et parfaitement représentatives de la grande diversité des terroirs de Châteauneuf, entre argiles rouges, calcaires blancs, gros galets roulés, graves ou encore sols sableux. Diversité de cépages et diversité de terroirs : voici certainement l’une des clés pour mieux comprendre la complexité et l'intensité particulière des vins du Clos du Mont-Olivet.
Tenant d’un style classique de grands vins puissants, à la fois pleins et soyeux, taillés pour de longues gardes, Thierry Sabon (4ème génération), aujourd’hui en charge, avec ses cousins Céline et David, de la conduite du domaine, a progressivement affiné le style Mont-Olivet, parvenant à combiner puissance et fraîcheur, ampleur et finesse. Un équilibre qu’il recherche avant tout à la vigne. Pour lui, plus on fait d’effort pour limiter le stress de la vigne, qui n’aime ni les excès ni les carences, plus elle donnera des fruits aux maturités justes, abouties.
Thierry est adepte d’une viticulture ultra-soignée et très respectueuse des terroirs et d’une vinification empirique, marquée par une vraie recherche d’authenticité et surtout parfaitement adaptée aux caractéristiques du millésime : cuve ou fût, proportion de bois neuf, durée d’élevage… tout est fait ici pour que chaque cuvée reflète sincèrement son terroir. Le résultat : Thierry Sabon nous régale année après année avec des vins d’une rare élégance naturelle.
C’est probablement avec le Châteauneuf Blanc que ce style très pur, droit et raffiné trouve sa meilleure expression. Les blancs du Mont-Olivet nous paraissent être d'excellents représentants de l’avenir de l’appellation : des vins certes séveux et texturés, mais toujours énergiques, frais et aromatiquement intenses dès leur jeunesse. Ils gagnent ensuite en épaisseur et en volupté au fil des années passées en cave. Bref, de grands blancs de garde, jamais lourds mais aussi excitants dans leur jeune âge qu’après 10 ans !
Si l’on revient à la saison 2024, Thierry n’hésite pas à la qualifier « d’homérique », tant elle a nécessité du travail dans les vignes et, surtout, beaucoup de sang-froid et de précision. Mais le même Thierry est fier de la « réussite au bout du chemin », même si les rendements finaux ont été pénalisés par la pression du mildiou, la coulure et l’omniprésence du mistral.
Après une saison 2023 marquée par une sécheresse importante, les pluies automnales ont permis de reconstituer quelques réserves dans les nappes phréatiques. L’hiver a alterné des périodes douces avec des moments beaucoup plus froids, marqués par les assauts du Mistral. Quelques épisodes pluvieux ponctuent la saison de dormance de la vigne, en février, puis en mars. Le débourrement est assez précoce. Les précipitations régulières (en hausse de 50% par rapport à l’année précédente), couplée à des températures assez douces entraînent une forte pression du mildiou, et une importante surcharge de travail à la vigne afin d’en limiter l’impact (traitement bio préventif, gestion foliaire, protection des inflorescences, aération des grappes …). Suivant les secteurs et les cépages, le développement de la vigne est plus ou moins rapide, entraînant, là encore, une grande précision et beaucoup de réactivité dans le travail en vert.
A partir du 10 juillet, les températures grimpent très significativement, dépassant les 35° : l’été s’installe vraiment. Début août, le temps devient plus sec, et le mildiou recule enfin. Les maturités profitent pleinement de journées chaudes et de nuits assez fraîches, y compris début septembre. On retrouve un calendrier de vendange plus « classique » : les premiers coups de sécateurs sont donnés le 11 septembre pour les cépages blancs. Le mistral s’est réveillé et les températures sont clémentes : si les rendements sont assez faibles, les conditions de la récolte sont excellentes, avec des raisins expressifs, mûrs et équilibrés.
Ni trop riches, ni trop fluets, les jus plaisent beaucoup à Thierry Sabon : une belle promesse d’un millésime à la chair savoureuse, tonique et imprégnée par la salinité des sols. Autant de qualités que l’on retrouve aujourd’hui dans ce fringant Châteauneuf-du-Pape, juteux, sapide et parfaitement équilibré entre gourmandise d’un fruit croquant, fraîcheur anisée et empreinte pierreuse.
Cerise sur le gâteau, malgré le succès des vins du Domaine, la famille Sabon continue (et c’est assez rare pour le noter) à pratiquer des prix très raisonnables pour la région, permettant ainsi au plus grand nombre d’amateurs d’accéder à cette pépite ! On ne saurait trop les en remercier… Indispensable.
Copyright 2025 La Route des Blancs - Tous droits réservés